TZR et remplacement : une bonne question, de mauvaises réponses

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Fin octobre 2016, la ministre de l’Éducation nationale avait annoncé des mesures sur le remplacement, pour éviter les heures de cours non-remplacées pour les élèves. Le problème est réel : beaucoup de remplaçants sont sur des postes à l’année, tandis que le recours aux contractuels a augmenté dans les dernières années. Les remplacements de courte durée ne sont pas toujours assurés et les remplaçants manquent déjà quelques semaines après la rentrée, dans certaines disciplines. La mission de TZR est difficile, souvent assurée en début de carrière, et elle est plus souvent subie que choisie.
 
Les mesures ébauchées à l’époque et mises en avant dans un groupe de travail ministériel fin février 2017 n’ont pas convaincu les enseignants de l’Unsa : les protocoles de remplacement de courte durée mis en place en 2005 au sein des établissements n'ont pas fonctionné et leur mise en œuvre manque de transparence. Pourquoi alors proposer de les réactiver ? Le SE-Unsa conteste l'efficacité d'une mesure d’optimisation des emplois du temps des remplaçants : vouloir à tout prix parvenir à combler les maximas de service conduirait inéluctablement les collègues à intervenir sur un nombre supplémentaire d’établissements, sans pouvoir s’y investir, sans compter la fatigue que ces déplacements entraînent. Enfin, le SE-Unsa sera attentif à la sauvegarde des zones de remplacement infra-départementales là où elles existent.
 
Face à un problème réel, dont la résolution passe surtout par la reconstitution des viviers de remplacement, le SE-Unsa propose au ministère d’améliorer les conditions de travail des remplaçants et de reconnaître les difficultés de la mission du TZR. Le SE-UNSA revendique ainsi la mise en place d’une part fixe de l’ISSR, étendue aux remplacements à l’année. La fonction de TZR doit être intégrée aux missions qui permettent d’avancer plus rapidement grâce à l’accès à la classe exceptionnelle et bénéficier des bonifications REP et REP+ pour les mutations inter. L’affectation des TZR doit se faire dans les instances paritaires et dans le cadre des zones de remplacement, avec un accord explicite pour un remplacement hors-zone. Plus largement, les enseignants de l’Unsa proposent de limiter les affectations à deux établissements pour permettre aux TZR de mieux s’intégrer dans la vie de leur établissement.