Annonces Blanquer : Et l’apprentissage, dans tout ça ?

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Même si la communication du ministre le 28 mai n’est pas centrée sur l’apprentissage, celui-ci n’est pas oublié pour autant. Il figure en bonne place dans les 12 points-clés pour rénover la voie professionnelle.
Une obsession discutable…
 
De façon récurrente, quels que soient les gouvernements, l’apprentissage est mis en avant et a droit à sa réforme.
Les plans massifs de développement se succèdent et le nombre d’apprentis n’augmente pas voire régresse sur les niveaux IV et V.
A contrario, alors que le chômage des jeunes touche en premier lieu les non diplômés, le nombre d’apprentis augmente très significativement tous les ans dans le supérieur, là où l’insertion professionnelle est la plus aisée.
Mais pour ce gouvernement, pas de doute : l’apprentissage est bien le remède à l’insertion et au chômage des jeunes.
 
Les formations sous statut scolaire accueillent les jeunes sans discrimination et restent le meilleur moyen de qualifier l’ensemble des jeunes notamment au niveau V et IV. Certes, le taux d’insertion dans l’emploi est meilleur en apprentissage qu’en « scolaire », mais à quel prix ! Les employeurs sélectionnent leurs apprentis, sélection marquée par des discriminations diverses (ethnique, de genre…). Les ruptures de contrat sont considérables, d’où un taux d’accès aux diplômes bien inférieur que sous statut scolaire. Ainsi selon le dernier rapport annuel de performance, si près de 72 % des jeunes entrant en CAP par voie scolaire obtiennent leur diplôme, ils et elles ne sont que 61 % par la voie de l’apprentissage. En baccalauréat professionnel, près de deux tiers des élèves entrant en formation obtiennent leur diplôme alors qu’un seul apprenti sur deux l’obtiendra.
 
La promotion de la mixité des parcours est présente dans le dossier de presse, comme si celle-ci était toujours un avantage pour les jeunes en formation. En réalité, le changement de statut apprentissage/voie scolaire est rarement choisi et accompagne souvent une rupture de contrat d’apprentissage. Quant au changement inverse, il contribue à vider les LP de leurs meilleurs éléments qui auraient pu se préparer plus aisément à une poursuite d’études s’ils étaient restés sous statut scolaire. 
 
On annonce la mise en place d’une classe de «troisième prépa métiers» qui se substituera à la troisième prépa pro et au Dima et proposera un renforcement des stages en entreprise.
Pour le SE-Unsa, cette nouvelle classe ne devra pas être une classe-sas vers l’apprentissage mais bien une préparation à l’entrée en formation professionnelle, quel que soit le statut.
 
Le ministre veut que l’apprentissage soit présent dans tous les lycées professionnels.
Le SE-Unsa n’y est pas opposé par principe. Cependant, il s’oppose à toute mise en concurrence entre formations sous statut scolaire et sous statut d’apprenti. Il est également vigilant sur l’impact d’un éventuel développement de l’apprentissage sur les conditions de travail des PLP. Les groupes mixtes ne sont pas souhaitables car ils complexifient l’organisation pédagogique. Les interventions des PLP auprès d’apprentis doivent être possibles sans remettre en cause leur statut et leurs obligations de service.