Apsa ou compétences dans les programmes EPS : il faut choisir !

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L’Apsa en EPS n’est pas une finalité en soi, et surtout pas parce qu’elle porterait en elle le « Saint Graal culturel ».

Elle ne doit être que le support, voire le prétexte, pour développer des compétences, qu’elles soient motrices, méthodologiques ou sociales.

C’est pourquoi il ne faut pas penser groupement d’Apsa, ou classification par nature d’éléments culturels sportifs, mais bien penser compétences, ou grandes catégories de problèmes posés à l’élève pour qu’il se développe.

Sylvain MOREAU, professeur agrégé EPS (revue EnovEPS n°2 académie de Nantes, janvier 2012)

Pourquoi l’approche par compétences ?

L’école prépare ses élèves à une société en mutation constante, de plus en plus complexe, à un marché du travail de plus en plus exigeant. Pour ce faire, elle cherche à s’assurer que chaque élève acquiert les compétences essentielles dont celui-ci a besoin pour s’adapter aux différentes circonstances de sa vie professionnelle et personnelle. Le temps passé à l’école ne suffit plus pour acquérir tout le savoir dont les individus ont besoin pour vivre et travailler. Il semble alors nécessaire de repenser l’école et de faire évoluer le travail des enseignants vers une formation plus pragmatique, un enseignement ancré dans la réalité fournissant aux élèves les outils nécessaires pour les rendre autonome dans leur capacité à d’apprendre tout au long de leur vie. Aujourd’hui, pour un grand nombre d'élèves, les apprentissages scolaires restent superficiels. Ils éprouvent des difficultés à utiliser ce qu’ils apprennent. Trop d’entre eux sont démotivés et décrochent. La seule transmission et accumulation de savoirs ne peuvent plus tenir la place dominante à l’école. C’est leur mobilisation qui devient l’enjeu central de l’enseignement. Il s’agit de l’approche par compétences.

Aujourd’hui, dans l’école, il est nécessaire de mettre en œuvre des méthodes d’enseignement dans lesquelles les apprentissages permettent aux élèves de développer leurs capacités d’adaptation, et ce, tout au long de leur vie, de développer des méthodes qui privilégient l’analyse et la compréhension d’une situation, de mobiliser des ressources diverses, et non la simple accumulation d’une grande quantité de savoirs.

Cette approche par compétences, chère à l’EPS depuis les programmes de 2008, adoptée par les professeurs d’EPS sur le terrain et prise en exemple par les collègues des autres disciplines, est totalement en phase avec l’ambitieux projet du socle et de la réforme du collège.

Comment imaginer intégrer ce projet du CSP si, au lieu de penser l’élève comme étant un acteur de ses apprentissages, cherchant à s’adapter à différents contextes en acquérant de grandes compétences, on l’imagine comme étant un réservoir à culture, n’étant à l’école que pour intégrer un savoir spécifique et disciplinaire ?

Une vision passéiste de l’EPS, où il est facile de glisser vers une centration des attentions sur le support plus que sur l’élève, remettrait en cause une avancée considérable de la discipline.