Bac pro des métiers du commerce et de la vente : un projet avorté ?

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Le projet du bac pro des métiers du commerce et de la vente a été retiré de l’ordre du jour du Conseil supérieur de l’Éducation du 23 mars. Son avenir est-il définitivement compromis ?
Quoi qu’il en soit, il est maintenant suspendu aux futures orientations politiques liées aux échéances électorales. Le SE-Unsa le déplore car les évolutions proposées sont globalement intéressantes.
La comparaison que certaines organisations syndicales, toujours promptes à s’opposer à toute évolution, font avec la mise en place du bac pro Gestion et Administration ne tient pas. Il ne s’agit pas de fusion de 2 spécialités différentes mais d’aménagements de 2 bacs pro avec des enseignants de même spécialité.
 
Qu’en est-il réellement ?
Une étude du CEREQ (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) de 2014 (voir en PJ) sur les évolutions possibles des bacs pro vente et commerce, concluait sur la nécessité de maintenir 2 champs distincts tout en reconnaissant d’indéniables compétences communes. Le projet de rénovation, validé par la CPC (Commission professionnelle consultative) en novembre dernier, va dans ce sens.
 
Il est prévu une seconde en tronc commun avec orientation en 1ère sur 2 options : « animation et gestion de l’unité commerciale » (commerce) et « prospection et valorisation de l’offre » (vente). Des éléments mis en avant :
  • volonté de créer les deux options pour chaque formation,
  • possibilité de faire en 2nde une PFMP en vente et/ou en commerce,
  • formations pour les enseignants qui devaient être mises en œuvre à compter de la rentrée 2017.
 
Un point négatif cependant : la transformation de l’épreuve E2 (étude de cas) en CCF. C'est la seule épreuve ponctuelle professionnelle et cela va à l'encontre de la simplification de la certification qui est aussi souhaitée par le ministère. Ce point reste amendable au CSE.
 
C’est dans ce cadre que le SE-Unsa porte un avis globalement positif. Pourquoi ?
 
Le bac pro vente a une offre beaucoup plus réduite que le bac pro commerce (80% commerce et 20% vente). Pour le SE-Unsa proposer un tronc commun en seconde a du sens notamment au regard des compétences professionnelles transversales des deux bacs. Cela devrait contribuer à dynamiser le coté « vente », diversifier l’offre de formation tout en retardant d’un an le choix de l’orientation pour les élèves.
Par ailleurs, une vigilance syndicale sera nécessaire dans les académies sur la préservation des capacités d'accueil, sur la mise œuvre effective de formations pour les enseignants et des options pour chaque formation.