CPE : qui êtes-vous ?

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Le ministère vient de rendre public son bilan social 2013-2014.
Dans la nomenclature proposée, les données des personnels d'éducation sont présentées dans la même rubrique que les personnels d'orientation, ce qui n'est pas choquant en soit. En revanche, nous contestons d'être associés à la même catégorie que les personnels de direction et d'inspection, clairement identifiés comme des personnels d'encadrement. La globalisation des données par catégorie ne permet pas toujours une analyse par corps et peut entraîner la confusion dans l'interprétation de certains chiffres (sur le plan salarial par exemple).

Les effectifs

On dénombrait 12 516 CPE en 2006 et plus que 11 484 en 2012. Cette chute de plus de 1 000 CPE en 6 ans s'explique en grande partie par la baisse du niveau de recrutement et la politique de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux  appliquée jusqu'en 2012.

On commence à voir les premiers effets de la Loi sur la Refondation avec une cinquantaine de CPE en plus en 2013, soit un total de 11 540. Un redressement qu'il conviendra de confirmer au moins dans les mêmes proportions dans les années à venir. À noter l'excellent cru 2014, qui apportera d'un seul coup environ 280 postes supplémentaires liés aux stagiaires lauréats du concours exceptionnel.

La profession reste largement féminisée (71%). L'âge moyen des CPE atteint un peu plus de 44 ans. Un tiers est âgé de plus de 50 ans et ils sont 6% à être âgés de moins de 30 ans.

Ce que demande le SE-Unsa : un poste de CPE pour 250 élèves et un CPE supplémentaire pour tout établissement disposant d'un internat.

La rémunération

Nous distinguerons le salaire net moyen et les primes qui n'appellent pas les mêmes constats.

La salaire net moyen d'un CPE exerçant en métropole s'élève à 2 465 €. Il se situe légèrement en dessous de celui d'un agent titulaire de l'Éducation nationale (2 500 €), dans les mêmes eaux qu'un enseignant du 2nd degré tous corps confondus (2 439 €) et nettement supérieur à celui d'un enseignant du 1er degré (1 978 €). Pour information, le salaire net moyen d'un personnel de direction approche les 4 000 € (avec les indemnités).

C'est surtout au niveau des primes que l'écart se creuse dans les 2 sens avec les autres corps. Les personnels d'éducation perçoivent en moyenne 253 € de prime, soit environ le double des COP et des professeurs des écoles. En revanche, ce montant représente environ 150 € de moins qu'un certifié et environ 450 € de moins qu'un agrégé. Pour information, la prime moyenne dont bénéficient les personnels de direction est 3 fois plus élevée que celle d'un CPE.

Ce que demande le SE-Unsa : une grille indiciaire comparable à celle des enseignants agrégés. Après la revalorisation du taux d'accès à la hors-classe et l'obtention de la part fixe de l'ISOE, le combat du SE-Unsa continue. Nos interventions pour garantir la place des CPE au sein des IMP, montrent notre détermination à obtenir un accès à ce dispositif identique aux enseignants. L'ouverture à la part variable de l'ISOE fait déjà partie des axes que nous portons.

La formation continue

Le rapport montre d'abord l'attachement des CPE aux dispositifs de formation continue : plus de 3 CPE sur 4 s'inscrivent aux stages proposés pour une durée moyenne de 1,7 jours par an. Sur le plan de la présence et de l'assiduité, seulement 2 sur 3 parviennent à concrétiser leurs intentions. Les explications sont multiples : conscience professionnelle du CPE qui veut conserver le fil du suivi des élèves, calendrier contraint (les CPE ne s'autorisent pas plusieurs jours d'absence dans une même semaine) , contenus du stage ne correspondant pas aux attentes, pression exercée ponctuellement par la direction...

Ce que demande le SE-Unsa : une offre complète de dispositifs de formation continue et la pérennisation des réunions de bassin avec un renforcement des moyens alloués. Nous demandons une réelle formation aux élèves à besoins éducatifs particuliers et l'accès à la certification du 2CA-SH.