Carrière et conditions de travail : le ministre passe à côté des vraies préoccupations

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Dans une interview au Nouvel Obs en cette rentrée 2018, notre ministre semble enfin se préoccuper de la carrière des personnels et de leurs conditions de travail : « les enseignants ont besoin d’être soutenus, reconnus et valorisés ».

Au menu donc : recrutement ciblé (postes à profil) à hauteur de 10 %, heures supplémentaires, une prime Rep+ conditionnée aux bons résultats des équipes pédagogiques, formation continue sur le temps de travail et la généralisation d’une « Gestion des ressources humaines de proximité »…

En quoi ces mesures apporteraient-elles plus de soutien aux collègues ? Le SE-Unsa les décrypte pour vous.


Augmentation du nombre de postes à profil

Il ne s’en cache pas depuis le début de la mandature, c’est un souhait cher à M. Blanquer que de « donner son originalité à chaque établissement ». Pour le SE-Unsa, il n’est pas souhaitable d’augmenter le recrutement sur profil, qui existe déjà pour des postes  très particuliers. Le SE-Unsa rappelle que ce n’est pas la mécanique de sélection des candidatures sur entretien qui rend un poste attractif. C’est particulièrement vrai quand on a du mal à trouver des personnels pour les contextes d’enseignement les plus difficiles ou les zones géographiques les moins attractives. Le SE-Unsa reste attaché à des opérations de mobilité avec des règles connues de tous, et étudiées dans des instances où siègent les représentants du personnel.


Se former pendant les vacances
 
Au SE-Unsa, nous voulons rappeler que les enseignants travaillent déjà plus que les 1607h selon les études disponibles ! Le temps des vacances scolaires est aussi un temps de préparation, de recherche et de correction. S’il faut renforcer la formation continue, il faut le faire en articulant ces temps avec des temps de stages pour les étudiants futurs enseignants  et stagiaires qui prendraient alors les classes des titulaires qui iraient en formation.
 
 
Part variable de la prime Rep+

Cette orientation est idéologique car elle veut introduire à tout prix une part d’évaluation collective sur plusieurs années. Elle méconnait la vie des écoles et établissements de Rep+ et l’engagement des personnels pour relever les défis éducatifs. Elle a, par ailleurs, tout de l’usine à gaz à construire compte-tenu de ce qu’est la vie des établissements avec la mobilité des personnels.

 
Une GRH de proximité

C'est une nécessité pour notre ministère. Avoir des personnes ressources à proximité pour envisager de donner une nouvelle forme à son parcours professionnel est une attente forte des personnels. Le principal défi pour ce ministère de plus d’un million de personnels sera de passer de l’expérimentation à la généralisation.
 

Travailler plus pour gagner plus

L’augmentation du pouvoir d’achat par des heures supplémentaires ne représente en rien une revalorisation pourtant nécessaire du métier d’enseignant. Les enseignants souhaitent une revalorisation de leur salaire par un dégel pérenne de la valeur du point d’indice

 
Pour le SE-Unsa, les idées de Jean-Michel Blanquer pour dynamiser la GRH des enseignants, CPE et PsyEN montrent une vision qui passe à côté des vraies préoccupations des collègues et de l’École.
Quid du nombre d’élèves dans la majorité des classes et de la charge de travail toujours plus accrue des personnels ? Les enseignants , CPE et PsyEN ont pourtant beaucoup à dire sur leurs conditions de travail : bâti scolaire parfois vieillisant, inadapté, vétusté des salles de classe, risques psycho-sociaux accrus dûs aux difficultés rencontrés dans l’exercice du métier, fins de carrière difficiles, absence de réelle médecine de prévention…
Ce n’est pas la fusion programmée des CHSCT et des CT (Commissions hygiène sécurité et conditions de travail et Comités techniques) qui permettra une meilleure prise en compte de difficultés rencontrées quotidiennement.
Un ministre pourtant «  pragmatique » devrait en avoir conscience.