Circulaire sécurité : et la vie scolaire dans tout ça ?

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Une nouvelle instruction interministérielle sur les mesures de sécurité est parue au BOEN le 13 avril dernier. Elle en remplace trois autres et vient préciser les mesures à adopter face au risque de menace terroriste. Elle encadre notamment la rédaction et la mise en œuvre d’un PPMS « attentat-intrusion ». Si la vie scolaire n’est pas citée explicitement dans le texte, elle est souvent mise en première ligne sur ce dossier.

Nouveautés et ajouts :

- La distinction des 2 PPMS : risques naturels et attentat-intrusion. Cette différenciation s’explique pour des raisons méthodologiques et vise à gagner en efficacité.

- La volonté de mieux coordonner d’une part, tous les acteurs des EPLE et, d’autre part, les forces de sécurité intérieure et la communauté éducative.

- La mise en place de cellules de crise départementales, académiques et ministérielles.

- La mise à disposition de fiches pratiques et d’un vadémécum reprenant les directives et conduites à tenir.

- Le renforcement de la chaîne d’alerte et de la formation des personnels.

Le préambule rappelle à juste titre que « la réponse à la menace d’actes terroristes ou d’attaques armées implique de manière permanente l’ensemble des personnels, quels que soient leurs statuts et leurs fonctions ». Mais sur le terrain, les personnels d’éducation et les assistants d’éducation sont souvent sollicités prioritairement de par l’organisation même de la vie scolaire.
 
Parmi les manques, on aurait pu légitimement attendre dans le texte :

- Une visite commentée de l’établissement obligatoire à tout nouveau personnel (en particulier CPE et AED) avec une identification des forces et des faiblesses de l’EPLE en cas de problème

- La remise d’un plan détaillé au CPE (plan d’architecte) avec notamment la localisation des zones de protection et de dégagements afin que la vie scolaire ait une vision assurée et non approximative des lieux en cas de souci

- Un engagement à renforcer les effectifs de vie scolaire et d’agents d’accueil pour faire face au respect des consignes Vigipirate (surveillance de l’accès aux bâtiments, contrôle des sacs, vérification des personnes étrangères à l’établissement) et une clarification juridique sur les attributions des uns et des autres.

- Une réponse pragmatique à la double nécessité d’éviter les attroupements devant les établissements et de maintenir un coin fumeur pour les élèves en lycée (quand celui-ci a disparu au profit du trottoir)

-  Dans l’annexe traitant du PPMS, une référence explicite aux personnels d’éducation et de vie scolaire dans l’énumération des catégories de personnels exerçant dans un établissement !

L’action des militants du SE-Unsa :

- Participer aux concertations organisées par les Rectorats, les Préfectures afin de porter nos exigences.

- S’assurer de la mise en place des actions de formation et d’accompagnement des personnels en s’appuyant notamment sur les compétences des collectivités territoriales.

- Demander l’adaptation des guides et fiches pratiques destinés aux chefs d’établissements aux personnels enseignants, d’éducation et aux élèves eux-mêmes.

- Dénoncer les dérives locales qui pourraient transformer les AED en agents de sécurité et faire revenir les CPE aux missions de surveillants généraux !

- Préciser que la police municipale en zone urbaine et la gendarmerie en zone rurale ont un rôle primordial à jouer aux abords de l’établissement en début et en fin de journée.

- Rappeler qu’un certain nombre de tâches n’ont pas à incomber à la vie scolaire (fermeture de portes diverses, issues de secours, entrées des fournisseurs, parking profs…).