Concours de recrutement : le vrai du faux

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Les rumeurs sur le changement de place des concours de recrutement vont bon train, par voie de presse. Pourtant, à ce jour, rien n'est arrêté. Alors, qu'en est-il ?
 
 
Un consensus
 
Les épreuves des concours de recrutement se déroulent actuellement en fin de première année de master Meef. Cette première année qui devrait être dédiée à la formation est la plupart du temps transformée, de fait, en année de bachotage du concours. Il ne reste alors plus que l'année de stage pour à la fois être formé en Espé, obtenir son master 2, être titularisé et vivre sa première expérience en responsabilité en école ou en établissement. Ce dispositif est une cote mal taillée, il y a donc des évolutions à apporter dans le cadre de la formation initiale (voir notre article), dont une réflexion sur les concours.
 
La phrase qui met le feu aux poudres
 
"La vocation normale c’est que le concours [de recrutement des professeurs de collège et lycée] se passe en M2", a déclaré Jean-Michel Blanquer, mercredi 23 janvier 2019, lors de son audition à l’Assemblée nationale.
 
Le ministre assène cette affirmation gratuite en ne se reposant sur rien qui n'ait été annoncé ni même concerté, alors même qu'en parallèle, la réforme de la formation initiale est en pleine réflexion.
 
La place ou le contenu des concours ?
 
Pour le ministre, la solution se trouverait donc dans le changement de place du concours en fin de master 2.
 
Le SE-Unsa est défavorable à cette mesure : changer une fois de plus la place du concours ne fera que brouiller le message et déstabiliser une fois de plus à la fois les étudiants et les équipes des Espé qui sont épuisées. Le SE-Unsa partage les inquiétudes et les avis du réseau des Espé (communiqué du 11 février) : ce qui est important, c'est la nature des épreuves des concours.
 
Les concours : quels enjeux pour l'Ecole ?
 
Placer le concours en fin de master 2, c'est repousser d'une année le premier salaire des futurs enseignants et CPE, ce n'est pas ainsi que l'on améliore l'attractivité du métier, mais surtout, c'est une démotivation forte pour les étudiants qui ne pourront pas financer leurs études.
Le SE-Unsa souhaite une démocratisation de la formation, chaque étudiant, quelle que soit son origine sociale, doit pouvoir se projeter dans les métiers de l'enseignement et de l'éducation et être accompagné dans son parcours de formation.
 
Un concours en fin de master 2, c'est le risque de séparer les formations des premier et second degrés, avec les futurs professeurs des écoles dans les futurs Inspé et les futurs professeurs et CPE du secondaire dans les universités, sans jamais croiser les regards.
Le SE-Unsa milite pour qu'il n'y ait pas de décrochage entre les dégrés, que tous puissent être formés aux valeurs partagées pour une école inclusive (tout en respectant les spécificités).
 
Un concours en fin de master 2, pour quelle type formation et quelles épreuves au concours ?
Pour le SE-Unsa, la formation doit être professionnalisante et les épreuves des concours doivent prendre appui sur des attendus professionnels, et non purement disciplinaires. Il ne s'agit pas de former des spécialistes disciplinaires, mais des experts en pédagogie et en didactique, des experts de terrain, des experts des nos élèves.
 
La question de la place et du contenu des concours n'est pas une simple question de maquette, mais c'est une question fondamentale : quelle génération d'enseignants veut-on pour nos élèves ?
 

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