Dématérialisation des copies d’examen : le projet du ministère

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La dématérialisation des copies existe déjà dans l’éducation nationale : 800 000 copies sont corrigées ainsi, notamment pour les BTS ou au sein de l’AEFE. Le ministère prévoit une expérimentation à l’échelle de plusieurs académies au cours de cette année dans le cadre des épreuves anticipées du baccalauréat. Comment se déroule cette dématérialisation et quelles conséquences dans le travail du correcteur ?
 
Une expérimentation dans 16 académies
 
Cette année, la procédure de dématérialisation de la correction des copies va être étendue à 16 académies dans le cadre des épreuves anticipées du baccalauréat en sciences et, à la marge, en français. 85 000 copies et 2200 correcteurs seront concernés dans la moitié des académies : Amiens, Besancon, Bordeaux, Dijon, Grenoble, Guadeloupe, Reunion, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Poitiers, Reims, Rennes, Toulouse, Nancy-Metz (avec le français pour cette dernière).
 
Cette expérimentation pourra être étendue ensuite, en fonction des remontées, et pourrait être utilisée pour organiser l’anonymat des épreuves communes de contrôle continu, qui seront mises en place début 2020 avec la mise en œuvre de la réforme du bac.
 
L’application Santorin
 
Cette dématérialisation de copies s’effectue avec l’application Santorin qui est reliée à l’application Imagin. Dans les établissements qui sont des centres d’examen, un scanner est installé sur un ordinateur dans un local protégé, et permet de générer des code-barres sur la base de listes d’émargement, pour mettre en œuvre l’anonymat des copies d’examen. Les données sont stockées sur un serveur ministériel. L’application permet un brassage des copies, au sein d’un établissement ou dans un réseau d’établissements, et permet d’éviter à un enseignant de corriger ses propres élèves.
 
L’application permet :
  • en cas de difficulté de lecture, de demander le retraitement de la copie par le centre d’examens qui la garde dans sa forme papier
  • d’afficher plusieurs copies, de régler l’affichage
  • d’annoter, de souligner, de surligner de 3 couleurs différentes (rouge, vert, jaune), ou encore d’entourer
  • d’intégrer le barème d’évaluation
  • de communiquer avec des correcteurs (double-correction) ou avec le coordinateur qui peut suivre l’avancement et les moyennes de la notation
L’application est adaptable pour tous les supports (tablette, ordinateur) et forme un calque de correction sur la copie d’examen qui n’altère pas l’original. Elle peut être utilisée hors connexion.
 
Conditions de travail, formation, équipement : les questions qui se posent
 
Cette dématérialisation est évidemment une source d’économies pour le ministère, en frais de déplacement notamment. Elle pose néanmoins plusieurs questions en matière de protection des données, ainsi qu'en matière de conditions de travail pour les personnels enseignants, un sujet essentiel pour le SE-Unsa : l’attention visuelle portée sur les écrans pour des corrections, les postures pour travailler devant un ordinateur, les questions de connexion devront être étudiées, notamment dans le cadre des CHSCT.
 
La mise en œuvre de l’expérimentation fera l’objet de formations locales pour les correcteurs qui participeront à l’expérimentation, notamment par le biais de tutoriels de la Direction Numérique de l’Education et d’un soutien par le biais d’un agent conversationnel et d’accompagnants à l’échelle académique.
 
Le SE-Unsa posera aussi la question de l’équipement des enseignants : si les copies sont dématérialisées, le terminal numérique devient un équipement professionnel. De nombreux problèmes doivent être résolus, pour l’outre-mer, pour les zones où le débit est insuffisant et devront être traités lors de l’expérimentation.