Devenir enseignant ou CPE : une motivation à préserver et renforcer !

| popularité : 1%
Nous le publiions il y a peu, les inscriptions aux concours enseignants et personnels d’éducation de la session 2017 montrent une nouvelle hausse dans le premier degré comme dans le second au regard des nombres d’inscrits à la session 2016, témoignant ainsi une fois de plus d’une augmentation significative de l’intérêt pour la profession.
 
Le dernier rapport du Cnesco (Conseil national d’évaluation du système scolaire) intitulé « Attractivité du métier d’enseignant : états des lieux et perspectives » nous en dit davantage sur ces candidats et livre quelques préconisations pour soutenir le recrutement. Il est étayé de résultats d’enquêtes conduites auprès de ceux qui se destinent aux métiers de l’enseignement comme auprès de ceux qui choisissent d’autres voies professionnelles.
 
Le rapport distingue trois types de questionnements :
 
Les contraintes de mobilité géographique, dissuasives pour certains
Si les étudiants sont toujours majoritaires parmi les admis aux concours d’enseignants et de CPE, le métier attire de plus en plus des salariés du public, du privé ou des demandeurs d’emploi. Ces derniers ont donc des contraintes familiales et géographiques fortes qui se retrouvent très vite en conflit avec les problèmes d’attractivité sur certains territoires et l'obligation de muter loin de chez eux. Cette contrainte pèse sur certains territoires dans le premier degré ou certaines disciplines dans le second degré.
Pour le SE-Unsa, des solutions doivent être approfondies, explorées, comme celle du dispositif de session exceptionnelle au CRPE de Créteil.
 
Le niveau de rémunération, un frein dans certaines disciplines
Dans les disciplines scientifiques, les étudiants perçoivent les salaires comme faibles au regard de ce qui leur est proposé en embrassant une autre carrière.
Cependant, le métier d’enseignant reste un métier de vocation qui attire toujours, non pas pour des raisons matérielles comme la sécurité de l’emploi ou les vacances, mais parce qu’il fait sens et suscite un désir d’engagement auprès des enfants et des adolescents.
Pour le SE-Unsa, si les enseignants ont encore un salaire inférieur aux autres métiers, particulièrement en fin de carrière (rapport de l’OCDE : la France apparaît sous la moyenne durant la 1ère partie de la carrière (15 ans) et dans la moyenne en fin de carrière, tant dans le primaire qu’au collège), la revalorisation de l’ensemble des carrières (ISAE, PPCR, …) n'est cependant pas étrangère à ce regain d’intérêt pour le métier.
 
La reconnaissance sociale, une vision décalée
  • La perception du métier : il n'est pas perçu comme prestigieux socialement
  • Les conditions de travail (temps de préparation de la classe, taille des classes, hétérogénéité des niveaux des élèves, hétérogénéité des lieux où on enseigne plus ou moins favorables) : elles sont jugées complexes
  • La reconnaissance du métier : elle est pour eux insuffisante
Paradoxalement, les sondages sur le service public montrent une réelle reconnaissance des enseignants par les Français.
De plus, même si depuis 2005, les enseignants peuvent bénéficier d’une deuxième carrière dans d’autres secteurs de la Fonction publique, très peu (1,5%) sont aujourd’hui détachés sur un autre poste.
 
Ces questionnements empreints de paradoxes créent des équilibres fragiles pour le recrutement, une fragilité que vient renforcer la crainte des étudiants quant à l’instabilité des politiques de recrutement.  La suppression de 80 000 postes du précédent quinquennat avait engendré une chute importante des inscriptions aux concours alors que la création de 54 000 postes par le gouvernement en place a permis à la profession de retrouver son niveau d'engouement de 2008.
 
L’intérêt retrouvé pour le métier, réel et mesurable, notamment dans les disciplines ou les académies déficitaires, doit pourtant bel et bien être renforcé si l’on veut que le nombre d’enseignants soit suffisant pour assurer les besoins du territoire.
 
On le voit, la France doit continuer à valoriser le métier et à améliorer les conditions d'exercice. Pour le SE-Unsa, les politiques ont donc une responsabilité majeure quant à l'évolution de l'attractivité du métier. La surenchère de candidats à la présidence de la République dans leurs projets de suppressions d’emploi constitue déjà une fragilisation.