Direction et fonctionnement de l’école : un rapport parlementaire pour préparer l’agenda social

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La mission parlementaire chargée d’un rapport sur la direction d’école a remis son travail. Destinée à préparer l’agenda social en 2019, la mission fait des propositions pour améliorer le quotidien des directeurs mais aussi le fonctionnement de l’école.

Le SE-Unsa qui avait été auditionné après son action de la semaine des directeurs d’école en mars partage largement l’état des lieux et  une partie des préconisations. En revanche, la création d’un nouveau corps pour conférer un rôle hiérarchique ne répondra pas au vide statutaire dont souffre l’école.

 
Un quotidien de plus en plus lourd à assumer
 
Le rapport part d’un constat réaliste sur le sentiment de malaise et sur les difficultés rencontrées par les directeurs pour répondre à l’ensemble de leurs missions. Le rapport pointe ainsi les éléments caractéristiques de la situation actuelle : manque de temps et de moyens, complexification des missions, double casquette directeur et  enseignant, absence d’aide administrative…
Pour y remédier, la mission parlementaire fait des propositions pour soulager les directeurs, revaloriser la fonction et penser une organisation innovante de l’école.

 
Des propositions ambitieuses
 
La mission propose ainsi une décharge d’enseignement à mi-temps dès 5  classes et une décharge complète dès 10 classes. Pour le temps non-déchargé, elle reprend une proposition du SE-Unsa et évoque la possibilité de réaliser un temps d’enseignement sans responsabilité d’une classe attitrée (en prenant en charge par exemple des groupes d’élèves sur des créneaux).
 
Pour atteindre ces seuils de décharge, elle envisage plusieurs possibilités : encourager les regroupements maternelle / élémentaire, les regroupements intercommunaux ou encore la création de réseaux collège – école sur le modèle de l’éducation prioritaire. La mission n’envisage pas pour autant de solution nationale unique imposée sur l’ensemble du territoire.
Pour le SE-Unsa, la logique de regroupement peut atteindre ses limites géographiques et la spécificité de l’école maternelle doit être maintenue.
 
Le rapport aborde également la question du fonctionnement de l’école : aujourd’hui, l’école n’a pas de  statut juridique. De ce fait, elle n’a aucune autonomie budgétaire, se retrouve sous la dépendance double des communes et de la direction académique, et son directeur n’est pas un interlocuteur règlementairement reconnu pour les partenaires de l’école.
Pour le SE-Unsa, esquisser des réponses à ces éléments amène à s’interroger sur la notion d’établissement dans le 1er degré.

 
Des limites
 
Concernant la revalorisation, pour la mission, celle-ci passe uniquement par la création d’un nouveau corps. Mais pour celles et ceux qui resteraient directeurs comme actuellement, il n’y a pas de proposition concrète. 
 
En dehors des regroupements, peu de propositions concernent les écoles de 1 à 4 classes, alors que celles-ci représentent 48% des écoles.
 
Pour l’aide administrative, dont le rapport souligne l’importance, celle-ci ne serait pas financée directement par l’Etat. 
 
Enfin, les rapports enseignant  / directeur / IEN ne sont pas développés alors que la proposition d’un nouveau corps est de nature à les modifier.
 
Le SE-Unsa considère que ce rapport identifie bien à la fois les difficultés d’exercice mais aussi les limites de la situation actuelle. Le rapport fait ainsi des propositions ambitieuses y compris en terme de moyens.
Le SE-Unsa ne les partage pas toutes mais le ministère doit maintenant faire savoir quelle est sa détermination à construire des solutions pérennes pour les directeurs et le fonctionnement de l’école. Lors de notre semaine nationale sur la direction, le SE-Unsa a largement démontré qu’l fallait avancer résolument.