EMF : décharge de service ne rime pas avec surcharge

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Pour se mettre en conformité avec la circulaire du 20 octobre 2016, certains départements actent enfin le passage à un tiers temps de décharge pour les enseignants maîtres formateurs.

Çà et là, des Recteurs ou des DASEN y voient une occasion pour augmenter les missions qui leur sont confiées. Le SE-Unsa veille à ce que la révision du temps de décharge soit enfin l’occasion de reconnaitre la charge de travail conséquente que représente le tutorat de stagiaires. L’enjeu est de dépasser l’idée d’un simple exercice comptable ; il faut quantifier et planifier leurs nombreuses activités de formation déjà existantes, particulièrement lorsque les EMF sont tuteurs de plusieurs stagiaires.
 
La décharge des enseignants maîtres formateurs était déjà d’un tiers temps pour tous avant la première réforme des rythmes scolaires de Xavier Darcos.  À cette époque, dans le cadre de leur participation à la formation initiale, les EMF intervenaient à l’IUFM auprès des étudiants se préparant au concours (PE1) ainsi que des stagiaires (PE2). Ils assuraient des accueils dans leur classe pour des stages d’observation et de pratique accompagnée ainsi que des visites formatives et évaluatives des stagiaires en responsabilité au cours d’un stage filé d’un jour par semaine et de stages massés d’une durée de trois semaines.
 
Puis, la réforme de la masterisation mise en œuvre par le gouvernement Sarkozy - période bien éprouvante de l’histoire de notre système éducatif - n’aura laissé qu’une seule notion constructive en héritage : le compagnonnage du stagiaire. La destinée de l’entrant dans le métier et de tous ses élèves faisait peser un poids bien lourd sur les épaules du professionnel expérimenté. Mais les cohortes de stagiaires étant réduites, les plupart des EMF avaient la satisfaction d’effectuer un réel accompagnement.
 
Aujourd’hui, bien que le tutorat soit mixte, le rôle du tuteur terrain  pour un stagiaire en responsabilité à mi-temps est majeur. Or, chaque EMF est désigné tuteur pour plusieurs stagiaires et les contraintes de déplacements limitent le nombre de rencontres avec chaque stagiaire. Malheureusement, dans bien des cas, le rôle du tuteur terrain est passé de conseiller régulier à celui d’évaluateur ponctuel. Cette situation génère une souffrance professionnelle chez bon nombre d’EMF.  D’ailleurs, cette déviance avait été pointée par l’inspection générale de l’Éducation nationale et celle de l’Administration, de l’Éducation  nationale et de la Recherche dans un rapport publié en octobre 2015.
 
Pour le SE-Unsa, la déclinaison de la décharge d’enseignement des EMF mérite une réflexion approfondie. Les différentes activités des EMF doivent être quantifiées et planifiées. Le SE-Unsa propose que l’heure de travaux dirigés (HTD), unité de compte utilisée dans l’enseignement supérieur, dont l’Espé, soit la référence. Elle permet de prendre en compte les temps d’intervention mais aussi de préparation, de visite, de compte-rendu de visite…
 
Enfin, les indemnités qu’ils perçoivent doivent être à nouveau revalorisées pour combler notamment le manque à gagner de l’Isae, proportionnelle au temps d’enseignement.