Enquête « réforme du lycée et du bac » : des changements mal préparés et mal perçus sur le terrain

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Programmes, formation, information et concertation: les conditions ne sont pas réunies pour accompagner la mise en place de la réforme du lycée et du bac à la rentrée prochaine.
 
Information, concertation et formation des personnels : où en est le ministère ?
 
Les enseignants se sentent mal préparés face à cette réforme :
  • 79,90 % des répondants se disent mal informés,
  • 86,70 % n’ont bénéficié à ce jour d’aucune formation
  • 76,31 % des répondants n’ont pas encore eu l’occasion de se concerter sur sa mise en œuvre.
Dans ces conditions, la méfiance est palpable :
  • seuls 3,76 % pensent que la réforme va dans le bon sens,
  • 52,78 % des répondants pensent carrément qu’elle va dans le mauvais sens.
À noter : 43,46 % des répondants pensent qu’elle irait dans le bon sens si on lui donnait les moyens de réussir.
 
Le SE-Unsa revendique des temps de formation et un temps libéré pour la concertation des équipes pédagogiques sur les changements prévus (épreuve orale de projet, organisation du contrôle continu, etc.).
 
Programmes : hors sujet !
 
Les répondants de l’enquête sont au fait des changements prévus pour les programmes :
  • 94,77% les ont consultés
  • 45,59 % pensent qu’ils ont évolué dans le mauvais sens
  • 20,25 % qu’ils n’ont pas beaucoup changé
  • 15,52 % qu’ils ont évolué dans le bon sens (le reste ne se prononce pas).
  • Ces programmes ne semblent pas adaptés aux élèves pour les répondants : 70,75 % les jugent trop lourds en contenus.
Le SE-Unsa a fait de nombreuses propositions au conseil supérieur de l’éducation, en décembre 2018, pour améliorer les propositions de programmes, sans succès face à l’absence d’écoute de la part du ministère.
Le SE-Unsa demande donc la création d’un comité de suivi des programmes et la réécriture dès l’an prochain des programmes de lycée pour mieux intégrer, de manière transversale, les compétences utilisées dans l’enseignement supérieur.
 
De même, les programmes les plus polémiques qui opèrent des retours en arrière idéologiques (histoire-géographie, SES, français) doivent être modifiés. Enfin, l’enseignement « sciences numériques et technologie » doit évoluer pour en faire un enseignement d’initiation à l’ensemble des séries technologiques.
 
Début février, le SE-Unsa appelait le gouvernement à prendre rapidement des mesures d’ajustement ou à reporter la réforme. Aujourd’hui, à quelques mois de la rentrée 2019, la tension est palpable dans les établissements. Pour les enseignants des lycées, la mise en route de la réforme s’annonce mal.
Le SE-Unsa alerte le gouvernement sur l’échec à venir de la réforme. Il est encore de reporter sa mise en œuvre à la rentrée 2020 pour se donner les moyens et le temps d’apporter des réponses à tous les problèmes déjà identifiés.