Enquête « réforme du lycée et du bac » du SE-Unsa : une offre d’enseignements en demi-teinte

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Les 7 spécialités majeures sont bien présentes dans la plupart des établissements, mais la situation est plus compliquée pour les spécialités rares (NSI, arts, LCA).
 
Offre de spécialités et d’enseignements  : les acteurs de terrain ne sont pas convaincus !

50,16 % des enseignants interrogés par le SE-Unsa trouvent cette offre satisfaisante dans leur établissement.
En revanche pour l’offre d’options, seuls 38,24 % seulement la trouvent satisfaisante.
 
Le principe même de la réforme, avec un choix de spécialités et d’options pour construire progressivement l’orientation des élèves, n’a pas convaincu les enseignants : 66,18 % des collègues interrogés ne pensent pas « qu’un système de choix de spécialités et d’options permettra une construction plus progressive du projet des élèves ».
Pour les adhérents SE-Unsa, les chiffres sont plus nuancés :
  • seuls 51 % ne sont pas convaincus par le système du choix de spécialités et d’options
  • 27 % sont confiants dans cette nouvelle approche.
En décembre 2017, dans une enquête adressée par le SE-Unsa à ses adhérents, près de 60 % des répondants favorisaient un système modulaire de choix de spécialités et plus de 25 % un tronc commun élargi. Le désenchantement des enseignants qui étaient en faveur d’une réforme du bac et du lycée est patent face à la réalité de la mise en œuvre défaillante de la réforme sur le terrain.
 
Concernant les mathématiques, 69,44 % des répondants pensent que l’offre de spécialités et d’options ne permet pas d’assurer une offre adaptée pour l’orientation de tous les élèves.
Pour le SE-Unsa, la création d’un enseignement optionnel de mathématiques complémentaires dès la première permettrait à tous les élèves de bénéficier d’un bagage minimum dans cette discipline au cycle terminal.
 
Ce que demande le SE-Unsa
  • une carte des spécialités favorisant les établissements les moins attractifs, notamment dans les quartiers prioritaires, comme le gouvernement s’y était engagé
  • des dotations renforcées pour permettre l’ouverture de groupes d’enseignements de spécialité supplémentaires
  • la création d’une certification NSI permettant aux enseignants de lycée d’enseigner « numérique et sciences numériques »  sans créer un concours spécifique
Une mise en œuvre en décalage avec les objectifs annoncés
 
Début février, le SE-Unsa appelait le gouvernement à prendre rapidement des mesures d’ajustement ou à reporter la réforme. Aujourd’hui, à quelques mois de la rentrée 2019, la tension est palpable dans les établissements. Pour les enseignants des lycées, la mise en route de la réforme s’annonce mal.
Le SE-Unsa alerte le gouvernement sur l’échec à venir de la réforme. Il est encore de reporter sa mise en œuvre à la rentrée 2020 pour se donner les moyens et le temps d’apporter des réponses à tous les problèmes déjà identifiés.