Enseignante en CPGE : une collègue témoigne

| popularité : 1%
Hélène Lafaye est professeure agrégée de géographie au lycée Gay Lussac de Limoges. Elle enseigne à des classes d’hypokhâgne, de khâgne et d’ECS (prépa HEC), sur un poste obtenu en 2005.
 
 
Comment est-on recruté pour enseigner en classe prépa ?
 
J’ai d’abord obtenu un poste à profil en lycée avec une certification DNL anglais, puis un poste en collège en REP+. J’ai commencé en CPGE avec un complément de service à mi-temps avec une seule classe avant d’obtenir un poste complet au mouvement spécifique. J’ai alors été inspectée à trois reprises par l’inspection générale : avant d’obtenir mon mi-temps, dans le cadre de ce poste à mi-temps, puis après avoir obtenu ce poste à temps complet.
 
 
En quoi le travail d’enseignant est-il différent en classe prépa ?
 
Evidemment, on a choisi des élèves qui sont très motivés, et qui souhaitent souvent se spécialiser dans cette voie. Le travail est totalement différent avec le collège REP+ où la difficulté est à 80 % dans le temps de cours lui-même et à 20 % en préparation, c’est le contraire en CPGE où 80 % de la charge de travail est en préparation, en évaluation ! Les classes sont pourtant très chargées avec 48 à 50 élèves.
 
 
L’organisation du travail est-elle différente ?
 
Complètement, d’abord car les vacances d’été sont largement consacrées à la préparation des cours, dans la mesure où les programmes changent tous les ans.
 
Le temps de travail est plus étalé, car le temps de cours inclut aussi le mercredi après-midi, les heures d’interrogation ont lieu en début de soirée et le samedi matin est souvent consacré à des examens blancs. Il faut y penser en terme d’organisation familiale ! On a aussi des différences selon le niveau d’enseignement (année plus resserrée et préparation des oraux en deuxième année). Enfin, être prof de prépa, c’est aussi s’investir dans l’organisation interne, dans une équipe très autonome, par exemple pour organiser le planning des examens.
 
 
Être prof de prépa, est-ce un choix de parcours professionnel ?
 
Il y a des différences entre les disciplines, dans les matières scientifiques les enseignants sont recrutés en début de carrière, alors qu’on privilégie l’expérience pour les enseignants des disciplines littéraires... Il n’est alors plus temps de songer à d’autres reconversions, par exemple vers l’université. En revanche être prof de prépa peut être intéressant si l’on souhaite se tourner vers les concours de l’inspection. On peut aussi devenir professeur de chaire supérieure.
 
 
Et en terme de service et de rémunération ?
 
Le service des enseignants est différent (9 à 10 heures selon les niveaux), mais la rémunération peut être inégale selon les établissements puisqu’elle dépend largement des heures d’interrogation, souvent partagées avec d’autres enseignants du second degré, et peut donner lieu à une indemnité de sujétions spéciales. Il est à noter que les missions de coordinateur d’une filière ne donnent pas lieu à une indemnité spécifique.
 
 
Y a-t-il des problèmes spécifiques dans l’enseignement en CPGE ?
 
Il y a parfois un fossé entre les attentes des grandes écoles et ce qu’on fait réellement dans les lycées aujourd’hui. Les profs de prépa ne sont pas forcément au courant des changements liés à la mise en œuvre de Parcoursup, où la non-hiérarchisation des vœux peut poser problème.