Et si le lycée préparait à l’enseignement supérieur ?

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C’est la question que pose France Stratégie dans le cadre de ses études 2017/2027, dans un rapport sur la transition lycée/enseignement supérieur qui fait le constat d’un lycée tournant uniquement autour de la préparation du bac et de bacheliers qui sont peu préparés pour l’université.
 
Le rapport fait état de chiffres alarmants : 20 % des étudiants ayant commencé des études en sortent avant d’avoir obtenu un diplôme. Les réorientations sont nombreuses : Seuls 40 % des étudiants poursuivent, après une première année, la 2ème année dans la même filière. Seul un bachelier sur quatre réussit sa licence en trois ans, mais au sein des bacheliers technologiques seuls 7 % y parviennent, 2 % pour les bacheliers professionnels, or ces derniers sont maintenant 34 % à poursuivre des études supérieures.
 
Quels obstacles sont ciblés par le rapport ?
Le manque d’accompagnement à l’orientation, une préparation méthodologique insuffisante, une liaison et des passerelles mal organisées. Une faiblesse pour ce rapport cependant : il met de côté les biais socio-culturels dans l’orientation et ses propositions pour renforcer l’information sur la sélectivité, la réussite et les pré-requis pour chaque filière ne feraient que renforcer l’autocensure des classes populaires pour les études longues.
Ces idées vont toutefois dans le sens des mandats syndicaux du SE-Unsa qui revendiquent l’implantation de STS en lycée professionnel.
 
Quelles propositions fait le rapport ?
Comme dans toutes ses études "2017/2027" France Stratégie propose deux scénarios : le premier, "créer des parcours intégrés secondaire/supérieur", permet notamment d’améliorer la continuité entre les bacs technologiques et professionnels et les IUT et BTS, où ces bacheliers réussissent mieux. Rester dans des filières où la continuité pédagogique est plus forte qu’entre le lycée et l’université réduirait le risque de décrochage. La 2e proposition est partie intégrante du projet sur lequel les délégués du SE-Unsa au congrès national de Perpignan, en mars prochain, travailleront : "permettre aux élèves de construire leur parcours à la carte" est l’ébauche d’un lycée modulaire, qui s’éloigne de la hiérarchisation actuelle entre séries, efface la séparation entre les filières générales et technologiques, et accompagne les élèves vers l’autonomie.
 
Pour le SE-Unsa, il s’agit aussi de faire du corps des agrégés l’artisan de la liaison entre le lycée et l’enseignement supérieur, en facilitant notamment leur affectation dans le premier cycle universitaire.