Étudiants Apprentis Professeurs : l’heure du premier bilan…

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S’inscrivant dans le plan national de développement de l’apprentissage dans la fonction publique, le dispositif EAP 2, nommé ainsi pour prendre discrètement le relais du précédent dispositif des Emplois d’Avenir Professeur, vise à l’amélioration de la formation des futurs enseignants par une formation professionnalisante et à l’aide au recrutement dans les académies et les disciplines déficitaires.
 
Le rappel du dispositif
 
 

Programmé pour être opérationnel à la rentrée 2015, ce dispositif a été déterminé pour s’adresser aux étudiants de moins de 26 ans inscrits en Licence 2e année ou 3e année, boursiers mais pas exclusivement, projetant de devenir professeurs des écoles sur les académies d’Amiens, Créteil, Guyane, Reims et Versailles ou enseignants du second degré dans les disciplines de mathématiques, lettres, anglais, allemand.

En tout ce sont 1000 contrats de droit privé qui ont été contingentés sur l’ensemble du territoire selon les besoins en termes de filière ou de localité.

Ces contrats relevant du statut juridique des apprentis fixé par le code du travail consistent en une alternance entre une formation dans un établissement d’enseignement supérieur et des missions au sein de classes de l’établissement ou de l’école d’affectation.

Le temps d’intervention en école/établissement est fixé à deux demi-journées par semaine en présence d’un enseignant tuteur, ce dernier nommé « maître d’apprentissage » et désigné par l’autorité hiérarchique.

NB : la 1ère année de master pour ces étudiants devra relever du nouveau dispositif de recrutement par contrat d’alternance dont l’expérimentation a été lancée à la rentrée scolaire 2015 dans les académies de Créteil et de la Guyane.

Dès ses premiers pas, le dispositif EAP 2 a rapidement montré une grande diversité de mises en place, allant du lancement des recrutements au traitement des candidatures…

 

Le lancement des recrutements

La majorité des annonces de recrutement s’est faite par mise en ligne sur les portails des rectorats, sans même de communication mail effectuée auprès de la profession, pourtant sensiblement concernée puisque sensée accueillir ces contrats.

Alors que des académies ont terminé de réceptionner les candidatures depuis octobre 2015, d’autres ont tout juste commencé leur recrutement en février 2016 tandis que certaines n’ont encore rien envisagé.

A simple titre d’exemple, quand à Versailles on a fait le choix de non seulement mettre en place le dispositif en communiquant de façon claire et rigoureuse les modalités de recrutement mais également en augmentant de 170 contrats la dotation ministérielle, rien n’a été mis en place pour l’année 2015-2016 sur l’académie de Montpellier.

Ailleurs c’est le seul site du CROUS voire la presse locale qui a informé sur le recrutement !

 

Les informations communiquées par les rectorats

De même, si l’on a pu noter un respect général des contingents et des disciplines à prioriser, on n’a pu que déplorer la trop grande hétérogénéité des informations communiquées selon les rectorats.

Sur quelques académies, on a communiqué ouvertement toute information concernant le parcours et l’encadrement de l’étudiant, ses référents qu’ils soient administratifs ou pédagogiques, mais aussi concernant le tuteur, sa désignation, ses missions, ses interlocuteurs et son indemnisation. Ailleurs, et malheureusement pour la majorité des académies, on s’est limité à donner une adresse mail pour toute question sur le dispositif voire on a renvoyé directement vers la maigre communication du site ministériel.

 

Le traitement des candidatures

Alors qu’ici, certains étudiants ont du renvoyer leur candidature au rectorat, ailleurs d’autres ont eu obligation de passer par leur université qui avait l’autorité de bloquer la candidature.

Et quand ici le candidat déposant son dossier a été immédiatement convié à une réunion d’information ou informé des suites de sa candidature, là il ne connaissait toujours pas, plusieurs mois après, le sort qui avait été fait à son dossier.

C’est à se demander qui pilote !

 

L’avis du SE-Unsa :

Si l’on pouvait penser que les faibles contingents attribués à certaines académies expliqueraient des mises en place timides voire absentes, tel n’est pas le cas. Les écarts constatés sont bien liés à des volontés et/ou contraintes locales mettant en exergue un manque de cadrage national que le SE-Unsa avait dénoncé (relire notre article de juillet 2015).

En ce dernier trimestre 2015-2016, on peut déjà dire que la mise en place de ce nouveau dispositif s’avère à ce jour peu soutenue et peu homogène.

Un suivi est donc nécessaire si l’on ne veut pas que ce dispositif d’accompagnement des étudiants vers les métiers de l’enseignement, comme son prédécesseur, n’en reste aux balbutiements.