Évaluations nationales : il faut faire baisser la pression

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Le nouveau dispositif d’évaluations nationales en français et mathématiques est mis en œuvre lors de cette rentrée. Pour le SE-Unsa, des tests, surtout s'ils sont nationaux ne peuvent être que des outils au service des équipes. Il y a bien trop de biais dans les conditions de passation et d’effets pervers possibles quant à l’exploitation brute pour en faire l’outil d’une évaluation nationale de performance du système éducatif et le seul déterminant de l’action pédagogique globale.
 
Malgré le caractère a priori plus robuste des évaluations 2018 qui, cette fois, ont été construites sérieusement et testées, nous doutons encore de la pertinence de certains exercices. Par exemple un texte CE1 sur le sommeil additionne les difficultés, notamment de vocabulaire, au point de lui donner des allures d’exercice piège (cycles, hormones, glande pinéale, sommeil paradoxal, mélatonine…). Pour autant, il ne s’agit pas de donner plus d’importance qu’ils n’en ont  à ces exercices. Si de tels items sont massivement échoués, cela ne montrera pas la faiblesse des élèves mais la faiblesse des exercices.
 
Pour le SE-Unsa, ces évaluations ne doivent pas prendre trop de place dans le débat médiatique pas plus que dans la vie des écoles mais être suivies de près sur l’ensemble du processus.
 
Ainsi le SE-Unsa :
  • engage les équipes à dédramatiser pour les élèves, les familles et pour elles-mêmes, en ne donnant qu’une importance limitée au protocole ;
  • demande au ministre une compensation horaire sur les APC ou les animations pédagogiques (cf. PJ) ;
  • suivra la passation, les résultats et l’exploitation de ces évaluations aux côtés des enseignants en recueillant largement leur avis de professionnel sur la pertinence des exercices, l’intérêt pédagogique dans la classe, dans l’école, sur le vécu des élèves, des familles et sur l’utilisation de l’institution  pour le pilotage de proximité.
L'avis du SE-Unsa
Le SE-Unsa regrette l’entêtement du gouvernement à vouloir confondre dans ces discours, les évaluations diagnostiques et l’évaluation de la performance du système, voire l’évaluation des politiques publiques. Tout ne peut pas servir à tout et encore moins à la communication politique. La rentrée au CP ou au CE1 est déjà un moment de de pression pour les élèves et leurs familles. Faisons tout pour rassurer plutôt qu’ajouter de la pression.