Formation à l’Espé : le SE-Unsa relève des leviers d’amélioration

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La mise en œuvre de la réforme de la formation ne se fait pas sans difficulté. Le SE-Unsa multiplie les interventions (ministère, parlementaires, comité de suivi) pour que des améliorations soient apportées dès la prochaine rentrée.
 
Avec la première promotion de stagiaires formés dans les Espé, l’année 2014-2015 est une nouvelle année difficile pour tous les acteurs : les stagiaires, les formateurs, les académies, les universités et les Espé. Pour une réforme d’une si grande ampleur, il faut accepter que sa mise en place dans toutes ses dimensions ne soit pas réalisée immédiatement. Il est cependant nécessaire d’identifier les leviers à actionner dans le but d’améliorations dès la rentrée prochaine.

Dans le cadre imposé de la réforme de la formation de 2013, pour le SE-Unsa:

  • La formation doit être réellement intégrative et plus juxtapositive. Le stage en responsabilité et la formation doivent être au service l’un de l’autre. C’est de cet échange que se construisent les compétences professionnelles. Pour cela, un outil de suivi partagé entre les différents formateurs et les stagiaires, est le moyen de concrétiser l’alternance intégrative.
  • Les attendus et les critères de réussite de l’année de stage doivent être lisibles et connus par tous dès la rentrée. Les étudiants-stagiaires, leurs tuteurs et leurs formateurs pourront ainsi prendre le temps de les partager.
  • La différenciation des parcours doit être affinée pour ne pas nier ni négliger les acquis antérieurs des stagiaires.
  • Un effort de communication et de bienveillance doit être fait en direction des professeurs et CPE stagiaires. Ils doivent être considérés d’emblée comme des professionnels responsables et soucieux d’acquérir les compétences nécessaires.
  • La mise en stage est un plongeon dans la situation professionnelle. Les stagiaires doivent être particulièrement accompagnés et soutenus durant les premières semaines. La programmation des enseignements à l’Espé doit également en tenir compte.
  • Le mémoire doit être le" lieu" la construction des compétences professionnelles par la mise en perspective de l’expérience vécue et des connaissances didactiques, pédagogiques, disciplinaires et transversales.
  • Le mémoire doit être mieux cadré et accompagné. Les formes de travail collectif doivent être développées. Au-delà d’alléger la charge de travail, de tels choix favoriseraient une nécessaire mutualisation des pratiques et des réflexions et développeraient des habitudes de travail en équipe inhérentes au métier.
  • On ne peut pas tout faire pendant l’année de stage. Le continuum de formation de la licence aux premières années d’exercice doit devenir réalité :
    - La préprofessionnalisation doit débuter dès la licence pour permettre de faire évoluer les représentations du métier.
    - L’année de Master 1  doit déjà permettre l’acquisition de compétences et connaissances notamment par une attention portée aux stages d’observation et de pratique accompagnée.
    - L’année de Master 2, caractérisée par l’alternance, construit et éprouve les compétences en situation.
    - La formation continuée pendant les premières années d’exercice doit permettre au néo-professionnel d’adapter et consolider ses compétences aux nouvelles situations d’exercice.
  • Les Espé et les académies doivent s’engager d’ores et déjà, ensemble, dans la formation continue. Il faut rompre l’étanchéité entre formation initiale et formation tout au long de la vie.

Les générations actuelles d’étudiants et stagiaires ne doivent pas faire les frais, tout comme leurs formateurs, de cette transition difficile. Ils peuvent en accepter les difficultés à conditions que celles-ci soient reconnues, que le processus d’amélioration soit avéré et que le souci de leur équilibre soit réel.