Formation continue : des attentes fortes

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Un référé de la Cour des comptes a été publié au mois d’avril.Le constat est accablant. Il montre un ministère qui confond information descendante et développement des compétences des professionnels. 

Le référé relève que «la formation continue, avant tout conçue comme un vecteur de mise en œuvre des réformes pédagogiques, n’est pas utilisée par le ministère comme un levier de gestion des ressources humaines». Il préconise «d’élargir sa cible […] afin de permettre un accompagnement des enseignants tout au long de leur carrière, depuis le développement actif des compétences pendant les premières années du métier jusqu’à une phase de consolidation professionnelle, puis de valorisation de l’expérience acquise. Les dispositifs de congé pour formation professionnelle devraient aussi avoir pour but […] d’accompagner les réorientations de carrière et de soutenir des projets professionnels atypiques».


Ce référé est une incitation à rompre avec l’archaïsme de la gestion des ressources humaines à l’Éducation nationale, en particulier la vision uniformisante, court-termiste et utilitariste de la formation continue, et la routine sclérosée des plans académiques de formation.

Pour le SE-Unsa, il pourrait être l’occasion d’entrer enfin dans le XXIe siècle en reconnaissant l’enseignant  comme un expert concepteur de son action dans un collectif de travail qui a besoin d’être nourri et étayé.

Avec les Espé, les nouveaux programmes, les nouveaux cycles, les créations de postes, toutes les pièces du puzzle sont réunies. Sur le papier au moins. Dans les faits, les progrès sont plus lents. Pour former un tout cohérent et efficace, il faut maintenant que le plus grand ministère de France change ses habitudes séculaires et impulse une véritable politique de gestion des ressources humaines qui place les enseignants au cœur.

Le SE-Unsa s’appuie sur l’analyse et les recommandations de la Cour des comptes pour rappeler à la ministre les attentes fortes des enseignants exprimées à travers son enquête «800 000 enseignants et moi».