Futurs programmes d’EPS : le grand bond en arrière ?

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L’inquiétude est grande chez les enseignants d’EPS qui travaillent en collège. Le nouveau socle commun et les nouveaux programmes de cycle vont-ils remettre en cause toutes les avancées des programmes de 2008 ?

La finalité de l’EPS portée par les programmes de 2008, former un citoyen cultivé, lucide, autonome, physiquement et socialement éduqué,  est totalement en phase avec les objectifs fixés à la Refondation et avec le nouveau socle commun. L’EPS est la seule discipline à s’être dotée progressivement d’une matrice disciplinaire cohérente de l’école primaire au lycée, fondée sur les compétences propres et les compétences méthodologiques et sociales, qui assurent la continuité des apprentissages. Elle est la seule discipline à s’être dotée de référentiels qui définissent des niveaux de maîtrise progressifs et fixent des attendus partagés par tous. Ce travail ne peut pas être purement et simplement balayé par le Conseil supérieur des programmes.

Les informations dont nous disposons indiquent que le projet en cours d’élaboration au CSP conçoit une EPS par les Apsa et pour les Apsa, une EPS qui s'appuie sur une classification des Apsa totalement obsolète, une EPS qui met à distance l'élève et l'idée d'une EPS équilibrée et la plus complète possible.

C'est un projet qui dynamite la continuité conceptuelle entre les cycles 2 et 3, mais aussi entre les cycles 3 et 4 ainsi qu'entre le cycle 4 et le lycée.

C’est un projet revanchard porté par le Snep, qui n’a pas supporté que l’enseignement de l’EPS évolue contre son avis. C’est un projet dommageable pour les élèves et pour les enseignants qui veulent que l'EPS avance et qui ne veulent plus que les Apsa soient l'alpha et l'omega de l'EPS.

Certes, les programmes d’EPS devront s’adapter à la nouvelle définition du socle commun, mais comme le dit Valérie Debuchy, doyenne de l’Inspection générale d’EPS à qui nous avons fait part de nos inquiétudes, « pas au prix d’y perdre son âme ».

Nous espérons que le CSP saura faire montre d’indépendance, qu’il ne cèdera pas aux pressions du camp conservateur et que le projet définitif qui sera mis en consultation début avril sera très différent de l’avant-projet dont nous avons eu connaissance.

Il serait éminemment regrettable que la « Refondation » se traduise en fait par la « Restauration » des programmes vieux de 30 ans !