GT ministériel 2nde bac pro : 1ère réunion

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Lors du discours pour le lancement des 30 ans du bac pro le 4 septembre 2015, la ministre avait annoncé la présentation d’un bilan de la réforme du bac pro 3 ans et, dans ce cadre, l’ouverture d’un chantier prioritaire sur la problématique de la seconde professionnelle et de l’accueil des jeunes.

Le ministère a donc réuni un groupe de travail le 12 octobre avec les organisations syndicales. La volonté affichée est d’aboutir à des améliorations pour la rentrée 2016 qui doivent donc être arrêtées à la fin de cette année civile. 

Les thèmes abordés porteront principalement sur l’orientation, l’intérêt d’une phase de détermination, l’accompagnement, les passerelles, les PFMP et la certification du diplôme intermédiaire.

Pour le ministère, ce groupe de travail n’obère en rien les débats à venir sur le bilan global de la réforme de la voie professionnelle.


Le SE-Unsa accueille favorablement la création de ce groupe de travail, même s’il est frustrant de ne pouvoir explicitement évoquer dans l’immédiat les conséquences de la réforme sur la dégradation des conditions d’enseignement : impact des grilles horaires globalisées sur 3 ans, de l’insuffisance de cadrage pour le calcul des DHG, des évolutions des structures sur les effectifs classe et l’hétérogénéité des élèves.

Le SE-Unsa milite notamment pour un cadre national plus contraignant pour un calcul transparent et une répartition équitable des DHG :

  • l'abandon de la tri-annualisation des heures élèves en bac pro, pour un retour à une grille annualisée, avec une répartition hebdomadaire indicative ;
  • un cadrage horaire pour les regroupements de sections de spécialités différentes ;
  • une attribution des heures pour effectif réduit fondée sur la capacité d'accueil et non sur une estimation des effectifs.

Sur l'orientation
Afin de présenter la voie professionnelle comme une réelle voie de réussite, il est indispensable de combattre l’orientation par défaut, la hiérarchie des 3 voies. Cela passe aussi par une éducation à l’orientation dès le collège (le dispositif « parcours avenir » va dans le bon sens) et un travail de valorisation des métiers.

L’effet structure est déterminant pour des élèves peu mobiles. L’offre de formations de proximité doit être diversifiée et accessible au plus grand nombre. Il s’agit aussi de maintenir et de développer les CAP sous statut scolaire afin d’éviter des orientations en bac pro par défaut vouées à l’échec mais aussi de permettre des réorientations post seconde. Le SE-Unsa revendique au minimum, dans chaque établissement, un cursus Bac pro de proximité en 4 ans pour ceux qui en ont besoin avec une préparation en 1 an d’un CAP ou d’un BEP après la classe de seconde pro.


Quel accompagnement pour les jeunes de 2nde pro ?
Cela relève actuellement de l’autonomie des établissements. Les initiatives pédagogiques intéressantes sont nombreuses et diverses : période de détermination, stage d’immersion et de découverte des métiers, dédoublement systématique, groupe de compétences en langues, tutorat, projets impliquant l’ensemble de l’équipe éducative…

Pour le SE-Unsa, il y aurait intérêt à prescrire certaines initiatives qui semblent prioritaires et par ailleurs généralisables et, dans le même temps, pour les autres de procéder par incitation.

Quoi qu’il en soit cela interroge cette "autonomie" aujourd'hui insuffisamment cadrée (PFMP, AP, heures complémentaires professeurs, horaires disciplinaires).

Par ailleurs la mixité des publics (scolaire, apprentissage), facteur de complexité pédagogique, doit être proscrite.

Le SE-Unsa portera ses revendications et soutiendra toute proposition qui permettra d’améliorer les conditions d’enseignement et de réussite des élèves.