Hors-classe 2D et PsyEN : un accès plus favorable, des points à améliorer

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Dans le cadre des nouvelles carrières, l’année 2018 a marqué la mise en œuvre des nouvelles conditions d’accès à la hors-classe des enseignants, CPE et PsyEN.
 
Le barème national comprend désormais deux composantes :
  • l’appréciation de la valeur professionnelle des agents et leur ancienneté dans la plage d’appel ;
  • l’accès à la hors-classe est possible à partir de deux ans d’ancienneté dans le 9ème échelon de la classe normale.
Afin de faire un bilan de cette première année et améliorer ainsi le dispositif, un groupe de travail ministériel s’est tenu le 25 janvier dernier, le SE-Unsa y était présent et a proposé des pistes d’améliorations pour les campagnes à venir.
 
Un accès plus favorable
 
Le nombre de promotions a globalement augmenté :
  • + 13,5 % chez les certifiés
  • + 10,5 % chez les CPE
  • + 5,4 % chez les PLP
  • - 0,3 % chez les PEPS
  • + 15,7 % chez les agrégés
Données non disponibles chez les PsyEN en raison de la création du corps en 2017
 
L’un des principes des nouvelles carrières est d'assurer que tout agent doit pouvoir dérouler sa carrière sur au moins deux grades. Ainsi, le pourcentage de collègues appartenant aux échelons 10 et 11 qui ont été promus a nettement augmenté.
Le ratio promus/promouvables des plus de 60 ans a augmenté quel que soit le corps. La quasi-totalité des « 11+3 » sont promus. Exception faite pour les PsyEN où la masse de collègues présents à l’échelon 11 créé un « bouchon » qui se résorbera assez rapidement compte tenu de l’augmentation des contingents.
Le SE-Unsa a d’ailleurs demandé une attention particulière sur les promotions à la hors-classe des PsyEN dont le corps est nouveau, notamment en distinguant les chiffres de promus par spécialité EDA et EDO.
 
Les équilibres femmes-hommes ont globalement été bien mieux respectés que par le passé.
 
En vue de la note de service 2019, la DGRH envisage de supprimer le quota d’appréciation « Excellent » imposé aux chefs d’établissement. Le SE-Unsa qui avait dénoncé cette contrainte dès le départ explicitant son absurdité, au regard des différentes tailles des établissements et des nombres de collègues promouvables fluctuant d’une année sur l’autre, s’est satisfait de cette modification.
 
 
Des points à améliorer
 
Au regard de certaines difficultés de mise en œuvre, en partie liées à un dispositif transitoire en déficit de communication, le SE-Unsa a pointé les écueils de 2018 à solutionner et a proposé des pistes d’améliorations pour tenter d’y remédier.
 
Si l’administration a posé comme principe intangible la pérennité de l’appréciation du Recteur, invoquant l’illégalité de revenir sur un élément de barème d’accès à une promotion et rappelant les possibilités de recours sur les rendez-vous de carrière, le SE-Unsa a vivement dénoncé les appréciations posées en 2018 sans RDV de carrière et parfois de façon arbitraire, par des évaluateurs sommés de traiter rapidement une masse de collègues, et très souvent sans aucun travail paritaire préalable. Ces appréciations doivent pouvoir être révisables sur demande du collègue.
Le SE-Unsa a alors demandé qu’une information soit faite aux administrations locales pour un réexamen par les CAPA des incohérences notées en 2018 entre appréciation et note antérieure et nouvelle appréciation.
La DGRH a répondu qu’elle allait soumettre à l’expertise la possibilité exceptionnelle de réviser certaines appréciations 2018.
 
Le SE-Unsa a également fait noter qu’à l’avenir tout collègue promouvable et en défaut de RDV de carrière pourrait se retrouver dans cette situation injuste d’appréciation posée de façon arbitraire.
Le SE-Unsa a ainsi demandé pour ces collègues la possibilité d’un entretien avec l’évaluateur en amont ou postérieurement à une absence lorsque cette absence couvre la plage du RDV de carrière.
La DGRH a semblé favorable à la proposition d’un entretien pour ces collègues.
 
Concernant le départage à l’ancienneté de corps qui a pénalisé en premier lieu les collègues en provenance d’un autre corps enseignant, et donc la mobilité professionnelle, pourtant prônée par l’employeur, le SE-Unsa a fait remarquer que l’ancienneté générale de services aurait dû servir d’élément de départage.
La DGRH n’a pas souhaité revenir sur ce principe.
 
Enfin, des publics plus ciblés ont également été lésés :
  • le manque d’attention portée aux agents retraitables qui auraient du pouvoir partir à la retraite après avoir accédé au second grade comme s’y engage le PPCR
  • la perte de promotions lors de la promotion simultanée des PsyEN EDA détachés (par les IA-Dasen et par les recteurs), souvent causée par un manque de communication d’une administration envers l’autre
  • le décalage trop souvent noté entre les appréciations des collègues détachés souvent méconnus des évaluateurs (notamment PsyEN EDA), mais aussi des collègues momentanément éloignés du métier (congés maladie ou autre, postes adaptés, …)
  • le défaut de paramétrage des échelons impactant le classement entre les agents en toute fin d’un échelon et en tout début du suivant (ex : 10+4 et 11+0)
Concernant ces points, le SE-Unsa a demandé l’envoi d’une note interne aux administrations locales afin qu’une attention soit portée sur ces différents publics.
 
En conclusion, le SE-Unsa se satisfait des promotions plus nombreuses permises par les nouvelles carrières. Mais l’accès plus favorable à la hors-classe pour l’ensemble de la profession ne doit pas masquer les publics qui ont essuyé ou risquent encore d’essuyer les difficultés de mise en œuvre. Le SE-Unsa restera très vigilant sur les publics encore mal pris en compte par le dispositif.