Journée internationale du sport féminin : quelle place aujourd’hui pour les sportives ?

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Impulsée en 2014 par le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour sensibiliser à la faible médiatisation du sport féminin et organisée en collaboration avec le CNOSF*, la 6ème édition de la journée internationale du sport féminin aura lieu le 24 janvier prochain.
 
Si depuis le début de cette initiative, le temps d’antenne consacré au sport féminin est passé de 7% (2012) à 16% (2016), les inégalités restent encore importantes. Cela est d’autant plus flagrant dans la presse écrite.
 
 
Quelle place pour le sport féminin dans notre société ?
 
En effet, plus largement, c’est la place du sport féminin dans notre société qui est interrogée sous toutes ses formes et à tous les niveaux. L’amplification de cette journée symbolique contribue à interpeler et sensibiliser l’ensemble de la société sur cette forme de discrimination, mais elle ne peut à elle seule faire évoluer la place du sport féminin et doit être accompagnée de politiques volontaristes car on ne déconstruit pas en quelques années une représentation ancrée depuis des siècles.
 
2013 a été un tournant important pour la promotion et le développement du sport féminin. Thierry Mosimann alors directeur des sports avait imposé cinq objectifs aux fédérations sportives : le développement de la pratique sportive pour le plus grand nombre, notamment en faveur des féminines, la féminisation des instances dirigeantes fédérales et déconcentrées, la féminisation de l’encadrement technique, la féminisation des fonctions d’arbitrages et d’encadrement, la promotion de la réussite des féminines dans le haut niveau.
 
Des évolutions ont été notables. Le marché du sport et ses métiers se féminisent depuis quelques années. Plus d’un tiers des diplômes liés au monde du sport sont obtenus par des femmes et ce chiffre est en croissance. Dans le monde professionnel, les femmes accèdent petit à petits à des fonctions dans les instances dirigeantes et dans les bureaux des fédérations sportives. La fonction de cadre technique est également de plus en plus prisée par les femmes.
 
 
Et dans le sport scolaire ?
 
Les fédérations du sport scolaire, Usep pour les écoles et Unss pour les collèges et lycées, et l’École de façon plus large, jouent également un rôle essentiel. Éviter la reproduction de certaines représentations, c’est avant tout sensibiliser dès le plus jeune âge.
 
Dès la maternelle, les activités mixtes, l’accent mis sur le plaisir de jouer et bouger ensemble, … participent à donner une place égale aux filles et aux garçons dans la pratique sportive.
Le passage dans le second degré marque une rupture entre pratique masculine et pratique féminine, qui s’accentue lourdement au lycée. C’est pourquoi l’Unss priorise depuis maintenant plusieurs années la place des filles à travers différents dispositifs (développement de la multi activités, commission locale Filles, sport et mixité, …) et évènements phares (La lycéenne depuis 2017, La Mahoraise depuis 2018, …).
 
Françoise Sauvageot et Muriel Hurtis, dans l’avis du CESE** L’accès du plus grand nombre à la pratique d’activités physiques et sportives dont elles ont été les rapporteures, rappellent les inégalités encore notables aujourd’hui entre la pratique des femmes et celle des hommes. La pratique féminine, souvent sacrifiée au profit des responsabilités familiales, est moindre et plus brève que celle des hommes. Elle est aussi moins compétitive et orientée par des stéréotypes de genre.
 
De nombreuses marges de progrès existent encore…
 
 
*Comité national olympique et sportif français
** Conseil économique, social et environnemental
 

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