La préprofessionnalisation : un dispositif non abouti

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La préprofessionnalisation, où en est-on ?
 
Depuis plusieurs mois, les chantiers concernant la formation des enseignants et des CPE ont été ouverts, et pour certains, des textes devaient être présentés de manière précoce au CTMEN du 30 janvier 2019 mais ont finalement été retirés face à tant de précipitation, pour être réexaminées le 21 février. Quels sont les enjeux ?
 
Un enjeu majeur
 
Découvrir la réalité et l’exercice du métier après 4 ou 5 ans d’étude est trop tardif. Certains réalisent que ce métier ne convient pas à leur aspirations, d’autres ne se projettent pas à si long terme, et souvent pour des raisons financières. La découverte du métier doit donc avoir lieu en amont de la formation initiale, il s’agit de la préprofessionnalisation.
L’enjeu est double :
  • augmenter l’attractivité du métier et assurer un vivier de recrutement ;
  • former des professeurs compétents parmi la grande diversité des profils des étudiants de tous horizons.
 
Le SE-Unsa est favorable au principe de  préprofessionnalisation, s’il permet une entrée progressive dans le métier et soutient, y compris financièrement, des étudiants dans leur projet de formation. Une préprofessionnalisation a du sens si, d’une part l’étudiant réussit à la fois ses études et ce parcours de formation (qui doit lui permettre de consolider son envie d’exercer les métiers de professeur ou CPE, et de réussir le concours), et d’autre part les élèves réussissent leur formation, c’est-à-dire s’il y a la garantie d’un plus pour le système éducatif et non d’un moins.
 
Des dispositifs de préprofessionnalisation actuels
 
Il existe actuellement des dispositifs de découverte du métier, dit de préprofessionnalisation : des UE dédiées au sein des parcours de licences, les dispositifs Étudiants apprentis professeurs (EAP) à destination des étudiants de licence 2 et 3 qui sont rémunérés pour effectuer deux demi journées de présence en école ou établissement avec des missions de surveillance, d’accompagnement et d’enseignement, les dispositifs de master Meef 1 alternant où les étudiants effectuent un tiers de service en école et ont un cursus de formation adapté.
 
Le SE-Unsa a soutenu la mise en place de ces dispositifs.
 
Le dispositif nouveau : les contrats de préprofessionnalisation
 
Dans le cadre de l’agenda social, en tenant compte des dispositifs déjà existants, de leur réussite et de leur points faibles, le ministère a présenté le dispositif des contrats de préprofessionnalisation.
Après plusieurs mois, n’a vu le jour que le décret de création des contrats de préprofessionnalisation, en lien avec les articles 13 et 14 du projet de loi pour une école de la confiance, avec application à la rentre 2019 . Il s'agit de créer un contrat de droit public de 3 ans (avec prolongation d'une année possible), qui sera un aménagement de l’actuel contrat des AED (Assistants d’éducation) afin de pouvoir exercer des missions d’enseignement, d'accéder aux concours externes et internes, et d’être rémunérés tout en bénéficiant de bourses sur critères sociaux. Le recrutement des étudiants en L2 sera piloté par le recteur en lien avec les établissements.
 
Un arrêté précisera les indices de rémunération. Les valeurs mensuelles nettes, pour ce contrat de 39 semaines avec 8 heures de présence effective (temps de formation inclus), pour 12 mois, seraient de : en L2, 693 €, en L3,  963 €, en M1, 980 €, cumulables avec les bourses sur critères sociaux.
 
Si les conditions de recrutement et de rémunération sont donc maintenant connues, il faudra attendre une circulaire qui détaillera le descriptif de la fiche technique présentée il y a plusieurs mois : organisation du temps entre l’établissement et l'université, organisation de la formation, organisation du tutorat, activités pédagogiques confiées.
 
Pour le SE-Unsa, trop de questions restent sans réponses concrètes et pragmatiques. Si l'objectif "financier" de permettre à tous les étudiants, quelle que soit leur origine, d'accéder aux études pour devenir enseignants ou CPE semble atteint, il y a encore trop d'incertitudes sur la mise en place du dispositif. Le SE-Unsa demande que tout le dispositif soit concerté, pour pouvoir se prononcer.
 
 
 
 

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