La rentrée du professeur documentaliste : le bon moment pour négocier !

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La période de rentrée scolaire est le moment où le prof doc est souvent amené à négocier un certain nombre de points avec le chef d’établissement.
 
Le premier sujet sensible à aborder avec le chef d’établissement concerne les horaires d’ouverture du CDI.
Avant tout, précisons que le temps de service des profs docs est de 30 heures en établissement. Si votre chef souhaite vous imposer d’être présent 36 heures en établissement, la négociation s’avère d’emblée impossible puisque sa demande serait contraire aux textes officiels. Dans ce cas, prenez contact avec le SE-Unsa pour être accompagné. Le chef d’établissement doit relire la circulaire du 29 avril 2015 qui encadre nos obligations de service et indique pour les professeurs documentalistes « un service d'information et documentation de 30 heures auxquelles s'ajoutent 6 heures consacrées aux relations avec l'extérieur ».

En revanche, il peut être utile de discuter avec la direction pour trouver le compromis idéal entre les besoins des élèves, les attentes de la vie scolaire, et les conditions de travail du professeur documentaliste. Ainsi, le CDI ne doit pas être la salle où l’on place les élèves surnuméraires en permanence, et encore moins le lieu bien pratique qui permette d’accueillir tous les élèves de la permanence lorsque les AED sont occupés. La négociation doit porter aussi bien sur la complémentarité des horaires d’accueil de la permanence, du foyer ou de la Maison des Lycéens et du CDI, mais aussi sur le nombre d’élèves accueillis au CDI, pour participer à un projet global d’accueil des élèves.
C’est le moment de rappeler au chef d’établissement notre circulaire de missions : le CDI accueille les élèves mais c’est aussi un lieu d’enseignement. Par conséquent, la négociation peut impliquer que lors des heures d’enseignement, le CDI ne soit pas accessible aux élèves qui sont en permanence, ou tout du moins, en nombre très limité.

Le SE-Unsa milite pour que le temps de travail du professeur documentaliste soit déconnecté du temps d’ouverture du CDI. Ainsi, si un professeur documentaliste assure une heure d’enseignement en classe « pupitre » et que le CDI est fermé pendant ce temps-là, le professeur documentaliste accomplit bien ses missions.

Les récréations sont également un sujet potentiellement épineux.
Pour le SE-Unsa, là encore, il faut faire preuve de souplesse.
Les élèves peuvent avoir besoin de venir emprunter ou rendre leurs livres et autres documents au CDI lors des récréations, mais le professeur documentaliste a, lui, le droit d’avoir une pause et de retrouver ses collègues.
Voilà pourquoi la négociation peut porter sur un compromis concernant l’ouverture du CDI lors de certaines récréations (par exemple, les récréations du matin), alors que lors des récréations de l’après-midi, le CDI sera fermé.
Ce genre d’arrangement permet de concilier les attentes pédagogiques, notamment en terme d’incitation à la lecture, et les bonnes conditions de travail du professeur documentaliste.

La pause méridienne peut enfin être également une source de conflit entre chef d’établissement et professeur documentaliste.
Deux cas de figure peuvent se présenter :

  • le chef d’établissement peut vouloir imposer un temps de pause méridienne particulièrement long au professeur documentaliste pour des raisons d’organisation, de circulation des élèves dans les parties communes, ou pour étaler au maximum l’emploi du temps du professeur documentaliste et l’amener à être présent un nombre maximum de demi-journées. En clair, si la pause méridienne est de deux heures, cela va être difficile, par exemple, de concentrer les 30 heures sur quatre journées et de conserver son mercredi.
  • Inversement, le chef d’établissement peut demander une pause méridienne minimum.

Pour des raisons de service ou selon le souhait du professeur documentaliste (parce qu’il souhaite animer un club par exemple), la pause peut être inférieure à 45 minutes. Alors, il est utile de s'intéresser à la réglementation du temps de pause, notamment pour le repas, qui est très flou au sein du ministère de l'éducation nationale. Le décret 2010-815 stipule que "Aucun temps de travail quotidien ne peut atteindre six heures sans que les agents bénéficient d'un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes" . Pour autant, la pause méridienne est encadrée dans les entreprises privées, un texte de la fonction publique l'évoquait dans une circulaire du 10 mars 1983, mais elle n'a pas été intégrée au bulletin officiel de l'éducation nationale. Le vademecum des chefs d'établissement adjoints de 2006, en revanche, propose aux chefs d'établissement une concertation avec leurs agents pour fixer ce temps de pause, et indique que "pour un temps de repas de 45mn, ne seront décomptées du temps de travail que 25mn".


Enfin, dans le cas d’un établissement comprenant un internat, il peut être demandé au professeur documentaliste d’étendre les horaires d’ouverture du CDI pour en faciliter l’accès pour les internes.
Si le prof doc n’y voit pas d’inconvénient, un AED peut éventuellement assurer cette ouverture. Il sera nécessaire dans ce cas de fixer les tâches qui pourront être accomplies par l’AED et de mener une enquête préalable auprès des élèves sur leurs attentes et leur intérêt pour cette ouverture.

Le SE-Unsa est particulièrement attentif aux professeurs documentalistes et à l’amélioration de leurs conditions de travail.
Le métier de professeur documentaliste est en perpétuelle évolution, d’où l’intérêt pour eux d’être accompagnés par un syndicat positif et utile !