Le SE-Unsa reçu par l’IGEN

| popularité : 1%
Une délégation des CPE du SE-Unsa a été reçue le 29 mai dernier par Didier VIN-DATICHE, Doyen du groupe "Établissements et Vie scolaire" et Laurent BRISSET, IGEN vie scolaire.

Circulaire de missions : le temps de l'appropriation

Nous avons relayé la satisfaction des CPE de disposer, depuis la rentrée 2015, d'une circulaire de missions actualisée. Les collègues rencontrés lors de nos stages académiques se reconnaissent plutôt bien dans ce texte de référence et considèrent qu'il correspond assez justement à leur identité professionnelle.

Nous avons souligné l'importance d'intégrer cette circulaire dans le corpus de formation initiale et continue des enseignants et des personnels de direction qui méconnaissent souvent les spécificités de notre fonction. Trop nombreux sont ceux aujourd'hui qui restent sur des images caduques de la profession et n'ont pas d'idée précise de ses spécificités, de ses richesses mais aussi de ses contraintes.

Nos interlocuteurs ont souligné une circulaire réussie, en cohérence avec le référentiel-métier de 2013 et qui acte un "basculement définitif des CPE parmi les acteurs pédagogiques de l'EPLE". Ils nous ont signalé travailler régulièrement avec les IA-IPR sur l'appropriation de notre circulaire afin qu'elle devienne leur "boussole" pour analyser et évaluer le travail des CPE.

Nous avons rappelé notre mandat d'un temps de travail hebdomadaire de 35 heures "toutes tâches confondues" et notre action nationale "35 heures pas plus" qui permet aux collègues de recenser et de faire valoir leurs heures de dépassement. Les IGEN ont renvoyé cette question à l'arbitrage du cabinet ministériel que nous rencontrerons de toute façon à la rentrée.


Internat de réussite : une circulaire à côté de la plaque !

La circulaire sur les internats de réussite parue au BOEN du 19 mai 2016 a fait réagir plusieurs de nos collègues. Ce texte rappelle certes l'ambition louable des internats qui doivent être des lieux de réussite scolaire et de réduction des inégalités sociales. Mais il laisse le CPE très à la marge du dispositif (cité seulement 2 fois en 8 pages) alors qu'il est un acteur majeur de l'internat.

On y évoque le projet d'internat et une lettre de mission spécifique, concepts absents de notre nouvelle circulaire de missions. L'aspect financier n'y est pas du tout abordé alors que c'est un élément qui pourrait favoriser la réussite d'un tel projet : les enveloppes budgétaires et les indemnités afférentes sont aux abonnés absents. La formation évoquée n'est pas forcément en adéquation avec les offres des plans académiques de formation et l'implication des collectivités territoriales s'avère incertaine. En clair, une circulaire écrite sans aucune concertation avec les organisations syndicales et qui semble bien éloignée des réalités du terrain !

Les IGEN ont pris en note nos remarques mais ont précisé ne pas avoir été associés à la rédaction de cette circulaire produite par le bureau de l'éducation prioritaire de la DGESCO. On ne peut que regretter ce manque de concertation entre les services ministériels qui ne pourraient qu'y gagner en expertise sur ce dossier... et sans doute sur d'autres aussi !


Réforme du collège : entre pédagogie et organisation

Les CPE intéressés par la co-animation de séquences pédagogiques doivent pouvoir investir les dispositifs relevant des enseignements complémentaires : les EPI (Enseignements pratiques interdisciplinaires) et l'AP (Accompagnement personnalisé).

Dans le cadre de la réforme, les CPE doivent pouvoir se dégager de tâches administratives ou subalternes au bénéfice de participations à des activités liées aux 8 compétences du référentiel.
Nous avons dénoncé l'impossibilité pour les CPE de proposer un EPI sans l'accord d'un enseignant référent et rappelé l'initiative possible des semaines interdisciplinaires au sein desquelles tous les personnels peuvent s'impliquer. Nous avons insisté sur nos conditions pour l'engagement pédagogique des CPE : le volontariat, la rémunération et la formation continue.

Sur le plan organisationnel, la prise en charge des élèves n'aura pas les mêmes conséquences dans les collèges ruraux et que dans les collèges urbains. Des échanges réguliers entre le CPE et la direction en amont des emplois du temps semblent incontournables pour anticiper les difficultés et trouver un équilibre entre les emplois du temps des élèves et leur accueil par la vie scolaire.

Nous avons rappelé nos revendications d'étoffer et de former les équipes de vie scolaire, de réinstaurer l'accompagnement éducatif dans tous les établissements et d'adapter les circuits de ramassage scolaire aux horaires du nouveau collège en lien avec la collectivité territoriale.

Nos interlocuteurs, sensibles à nos arguments, échangeront avec les IA-IPR sur ce dossier à la rentrée.


Protocole d'Inspection : du changement dans l'air !

Les CPE du SE-Unsa ne se retrouvent pas dans le protocole de mai 2010 qui met en lumière les compétences d'un surveillant général mixées aux compétences managériales d'un personnel de direction. De plus, celui-ci ne se trouve plus en cohérence avec le référentiel de 2013 et la circulaire de missions de 2015.

Sensibles à notre argumentation, les IGEN confirment que le protocole actuel ne leur convient plus. Ils travaillent actuellement à la construction d'une démarche d'évaluation collective des politiques éducatives d'établissement. Dans la continuité de ces travaux, un nouveau protocole d'inspection individuelle sera en préparation en 2016-2017.

Nous ferons alors des propositions pour que ce protocole, qui n'a pas de valeur réglementaire, puisse devenir un guide intelligent en s'appuyant sur les spécificités de notre identité professionnelle.


2 CA-SH : un décret à modifier !

Le décret du 5 janvier 2004 réserve l'accès au 2CA-SH aux personnels enseignants et exclut injustement les personnels d'éducation. Dans les EPLE, le CPE participe activement à l'accueil, à l'intégration et aux réunions de suivi des élèves en situation de handicap.

De plus, une vingtaine de CPE exercent actuellement en ÉREA ou en classes-relais. Le Ministère doit tenir compte de ces réalités et se donner les moyens d'ouvrir cette formation et cette certification aux collègues qui en manifesteraient le désir.

Nos interlocuteurs trouvent que notre revendication est légitime et se sont engagés à en parler aux responsables de la DGESCO.