Le gouvernement lance une évaluation de la formation continue dans le premier degré

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Sur proposition de la ministre, le gouvernement lance une évaluation de la formation continue des enseignants du premier degré dans le cadre de la Modernisation de l’Action Publique (Map). Cette mission d’évaluation particulière pourrait enfin faire avancer un sujet régulièrement relégué au dernier rang des priorités. Le SE-Unsa fera part des ses analyses et propositions pour un sujet qu’il estime central pour la Refondation de l’Ecole et les enseignants.

C’est par une lettre de mission signée du premier ministre, qu’une mission d’évaluation est engagée sur la formation continue dans le premier degré.
Le premier ministre fixe six angles principaux :
- la cohérence entre le contenu de la formation continue et les besoins des enseignants dans leur diversité ;
- l’articulation entre la formation initiale et la formation continue afin d’assurer un réel continuum et soutenir les enseignants dans leurs premières années d’exercice ;
- l’efficacité de la formation continue des enseignants du primaire pour leur permettre d’adapter leurs compétences aux évolutions de l’exercice du métier d’enseignant (formation continue) ;
- l’insertion de la formation continue dans le parcours professionnel des enseignants du primaire ;
- l’adaptation du pilotage et des moyens dédiés à la formation des enseignants du primaire compte-tenu des besoins et des objectifs fixés ;
- la prise en compte du numérique, d’une part comme thématique et d’autre part comme support de formation des enseignants du primaire.

La fiche de cadrage qui complète la lettre de mission fait quelques constats sur l’état actuel de la formation continue dans le premier degré : sous-consommation des crédits en raison de l’impossibilité de conduire les formations prévues faute de remplaçant, sous-représentation des actions premier degré dans le plan national de formation et chute du nombre de journées stagiaires. Ce document gouvernemental identifie les enjeux : l’adaptation des pratiques de formation, l’attractivité des formations, le défi de la polyvalence pour les enseignants du premier degré, la coopération académie/Espé, le pilotage de la formation continue, etc.

Pour le SE-Unsa, cette mission d’évaluation, est une bonne chose. Les carences et difficultés de la formation continue dans le premier degré sont régulièrement pointées mais les changements tardent à arriver. Souvent reléguée en queue de peloton des priorités, la formation continue est pourtant indispensable aux enseignants pour répondre aux évolutions de leur métier. Le SE-Unsa fera part de ses analyses et  propositions à la mission d’évaluation.

Pour le SE-Unsa, il faut dépasser la logique de formation continue pour aller vers la logique de développement professionnel. Cela sous-entend que les enseignants, reconnus comme les professionnels qu’ils sont, sont acteurs de leur projet formation et que celui-ci doit s’inscrire dans un temps plus long. On doit ainsi passer de l’action de formation ponctuelle et thématique, au mieux proposée si ce n’est imposée par l’institution, au parcours de formation construit par le professionnel lui-même.

Cette mission sera menée par l’Inspection générale de l’Éducation nationale (IGEN) et l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche (IGAENR). Le secrétariat général de la Map devra être régulièrement informé de l’avancée de ses travaux. Après un premier mois laissé pour établir les modalités opérationnelles de son travail, la mission dispose de 5 mois pour établir un diagnostic et des scénarios de transformation. C’est un calendrier contraint qui est fixé. Il est justifié par la nécessité d’accompagner le plan formation continu du premier degré annoncé en mars pour les deux années scolaires.