Les personnels exigent d’être associés, soutenus et reconnus

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Lors du Comité technique ministériel du 6 novembre, l’Unsa-Éducation a exprimé au ministre les raisons de son appel à la grève le 12 novembre.


En construisant le budget 2019, le gouvernement a fait le choix de rompre avec l’investissement par et dans l’Éducation. C’est un très mauvais signal envoyé à la Nation quant à l’attention portée à son école. C’est un très mauvais signal adressé aux personnels quant à la compréhension par l’exécutif de leurs conditions de travail actuelles. Ils sont d’ailleurs loin d’être rassurés après les premières annonces de l’exécutif en réaction à la vague de témoignages sur les difficultés lourdes que l’on peut rencontrer dans l’exercice quotidien des métiers de l’Éducation.

Les suppressions de postes programmées sont inquiétantes pour la prochaine rentrée et encore plus pour les années suivantes. A l’Unsa-Éducation, nous avons fait le choix d’appeler nos collègues à se mobiliser par la grève pour dénoncer ce retour à la politique de suppressions de postes par milliers dans l’Éducation Nationale.

En 2019, notre ministère contribuera pour 40% aux 4500 emplois supprimés dans la Fonction publique d’État. Alors que « le cap » présidentiel, c’est une diminution de 50 000 fonctionnaires d’État à la fin du quinquennat, il est temps de lever complètement le voile sur les projets d’économies pour l’Éducation, que ce soit sur les nombres, les missions ou les actions.

Après le recours aux heures supplémentaires imposées aux collèges et lycées, à quelle autre mesure les personnels doivent-ils s’attendre ? Après le retour du travailler plus pour gagner plus, devons-nous à nouveau craindre pour les Rased restés amaigris depuis l’ère Sarkozy, pour l’année de stagiaire qui n’a réussi qu’à récupérer un mi-temps de formation, pour les recrutements si difficiles à réamorcer depuis cette époque ?

Retour du jour de carence, report du PPCR, gel du point d’indice, volonté d’individualisation des rémunérations et développement du mérite, objectif d’augmenter le recours aux contrats, velléité de réduction des prérogatives des instances paritaires… Depuis mai 2017, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour les personnels en forgeant leur conviction que le gouvernement les perçoit avant tout comme figés, corporatistes, coûteux, et souhaite avant tout les bousculer. Quant à leur expertise et leur professionnalisme, ils semblent être dissous dans la confiance conjuguée à sens unique par notre ministre.

De grands dossiers sont ouverts ou prévus, notamment par l’agenda social. L’Unsa-Éducation a plusieurs fois exprimé ses attentes et sa volonté de faire des propositions qui savent conjuguer progrès pour l’École et progrès pour les personnels. Le contexte global de défiance pèse de plus en plus sur les perspectives portées par l’agenda social. Certains sujets peuvent petit à petit faire figure de leurres, voire de pièges. Il en est ainsi de la GRH de proximité. Elle est désormais régulièrement évoquée mais plus souvent pour résoudre des problèmes RH comme la réduction de la voilure de la filière Gestion-Administration par exemple, que pour répondre aux attentes pourtant très fortes des personnels. Les réductions de moyens empêchent de plus en plus d’espérer que la GRH de proximité marche bien sur ses deux jambes. Pour l’Unsa-Éducation, il est temps de s’arrêter sur ce qui semble être tout autant un concept central qu’un dispositif. Il faut partager un premier aperçu des expérimentations qui ont débuté et tracer des perspectives. Nous ne critiquerons pas son manque d’ampleur au démarrage mais voulons discuter de sa nature, de ses objectifs réels et de la probabilité de son déploiement complet à terme.

En mai 2017, pour l’Unsa-Éducation, nous avions partagé ici l’immense défi politique et l’immense responsabilité alors posées au Président nouvellement élu. Il devait regrouper et consolider une nation qui n’a plus confiance en son avenir commun, qui se fracture et est prête à renverser la table. L’École est au cœur de la promesse républicaine. Elle veut être un fantastique levier de progrès social. C’est la motivation de fond du million de personnels mobilisés tous les jours pour la faire vivre.

Lundi 12 novembre, nous les appelons à exprimer leur exigence d’un changement de cap et de méthode pour être associés, reconnus et soutenus.