Nouveau lycée : le compte n’y est pas !

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Les annonces ministérielles sur la nouvelle organisation des enseignements sont enfin précisées dans trois projets d’arrêtés avec les moyens par division, horaires-élèves et marges d’autonomie et le compte n’y est pas, entraînant une probable dégradation des conditions de travail.
 
Quelles marges d’autonomie ?
 
En classe de seconde, la marge d’autonomie a été augmentée (12 heures au lieu de 10,5) mais l’accompagnement personnalisé (AP) et les enseignements optionnels (y compris l’ex-enseignement d’exploration non-économique) sont à financer sur cette marge alors qu’ils étaient intégrés auparavant aux horaires-élèves.
Dans le cycle terminal général, la marge d’autonomie est inférieure à la marge existante (7 heures au lieu de 6 à 10, ce qui représente une moyenne de 8) alors qu’on peut raisonnablement supposer que les enseignements optionnels seront très demandés en prévision de parcoursup’. Que restera-t-il pour l’AP et les groupes à effectif réduit ?
Dans le cycle terminal technologique, le différentiel avec la marge d’autonomie existante est encore plus net, jusqu’à 4 heures en moins dans certaines séries, compromettant les démarches pédagogiques inductives et faisant planer des menaces sur les postes.
 
Qu’est-ce qui apparaît et qu’est-ce qui disparaît ?
 
  • Apparition d’une heure de « sciences numériques » en seconde, disparition des enseignements d’exploration au profit d’enseignements facultatifs, menaçant d’abord les enseignements technologiques et disparition de la spécialité « Ressources humaines et communication » en terminale STMG.
  • L’accompagnement personnalisé comprend maintenant un horaire de 54 heures annualisé dédié à l’ « éducation au choix d’orientation » placé sous la responsabilité des professeurs principaux, financé sur les marges d’autonomie en lien avec les régions dans le cadre de leur nouvelle compétence d’information sur l’orientation.
 
Que demande le SE-Unsa ?
 
  • Plus de marges pour un meilleur accompagnement des élèves : l’accompagnement personnalisé peut être mis en œuvre de manière différenciée mais pour qu’il soit efficace, il faut pouvoir travailler en petits groupes dans les enseignements disciplinaires. La classe de seconde et la série STMG qui cumulent gros effectifs et publics hétérogènes doivent disposer de plus de moyens.
  •  Un enseignement optionnel obligatoire en seconde, à dominante technologique ou numérique en supprimant l’heure de sciences numériques (volume horaire incompatible avec un travail de qualité), en intégrant dans cette offre « Informatique et création numérique » et une option de seconde de technologie du tertiaire « management et gestion ».
  • Une offre plus complète d’enseignements avec l’ajout d’un enseignement de spécialité « Sciences et enjeux de l’EPS » et la réintégration de la spécialité RH et communication en terminale STMG.
 
Enfin, le SE-Unsa veut obtenir des garanties de la part du ministère sur l’offre des spécialités sur le territoire, sur les nouvelles procédures d’orientation qui permettront de choisir les spécialités, ou encore sur les contenus de ces nouveaux enseignements et leur répartition dans les disciplines existantes.