Nouveaux programmes et nouvelles épreuves : Que s’est-il passé au conseil supérieur de l’éducation du 11 juillet ?

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Le conseil supérieur de l’éducation s’est réuni le 11 et le 12 juillet pour étudier les projets de programme de terminale. Un décret relatif à la nature et à la durée des épreuves terminales a aussi été présenté, tout comme un arrêté sur les modalités d’organisation du contrôle continu.
On y voit donc plus clair sur le calendrier des différents types d’épreuves pour l’année scolaire 2020/2021, mais est-on rassuré pour autant ? Comment s’est positionné le SE-Unsa face aux nouveaux projets de programmes ?
 
Nouveaux programmes
 
Dans l’ensemble, le SE-Unsa juge que les nouveaux programmes présentés pour le lycée sont trop lourds, comme pour ceux de seconde et de première présentés en décembre dernier.
Ils manquent d’une logique globale, transversale, notamment pour préparer les élèves à maîtriser les compétences nécessaires pour réussir dans l’enseignement supérieur. Peu de collègues se sont mobilisés pendant la consultation organisée en ligne, ce qui est logique vu que cette consultation a été peu prise en compte pour les programmes de seconde et de première.
 
Le SE-Unsa s’est prononcé contre certains projets de programme :
  • en histoire-géographie, où les programmes, trop lourds, mal construits, déséquilibrés, sont déconnectés de la recherche universitaire. L’ajout à la dernière minute, pour la spécialité, des domaines de la connaissance et du patrimoine pour la spécialité dédiée nous ont peu convaincu, alors que la thématique sur les inégalités, qui permettait de faire intervenir plus facilement les enseignants de SES, est supprimée.
  • en philosophie, dont les programmes sont insuffisamment déterminés pour permettre à tous les élèves de réussir l’épreuve terminale
  • en Humanités Littérature Philosophie car le programme de cette spécialité ne décrit en rien ce que les élèves doivent savoir ou savoir faire
  • en EMC où les programmes sont trop lourds pour le temps imparti, pour une discipline qui nécessite des moyens pour permettre de développer des modalités différentes de cours (débat notamment).
  • en spécialité langues : Le SE-Unsa juge cette spécialité mal-conçue, réservée à des élèves au profil littéraire, alors qu’elle pourrait associer deux langues et mieux intégrer les enjeux économiques et professionnels de la langue. Le SE-Unsa continuera à agir pour faire évoluer cette spécialité.
  • en mathématiques : le SE-Unsa a jugé les programmes présentés trop lourds, basés sur les attendus pour les classes préparatoires et difficilement accessibles pour une grande partie des élèves qui le choisiront à la rentrée prochaine.
  • pour la spécialité « numérique et sciences informatiques » où l’approche est trop universitaire
 
Le SE-Unsa s’est abstenu pour d’autres projets de programme :
  • en SES, nous avons soutenu des amendements pour mieux problématiser des questions économiques qui faisaient débat (la croissance, le commerce international, les inégalités scolaires) pour lesquels nous attendons des changements avant la publication des programmes
  • en enseignement scientifique, où les thématiques abordées sont intéressantes, mais où les programmes sont trop lourds, alors que les conditions d’enseignement vont se dégrader à la rentrée avec les suppressions de poste
  • en mathématiques, pour la voie technologique, où des adaptations sont prévues à l’issue des travaux en commission
  • en physique-chimie (programmes trop lourds mais plus mathématisés), en SVT (où la lourdeur du programme imposera de réduire la démarche expérimentale), en sciences de l’ingénieur
  • pour les programmes des enseignements technologiques de spécialités pour les séries STMG, ST2S, STI2D, STHR et STL
 
Le SE-Unsa s’est aussi prononcé favorablement pour les programmes de l’enseignement optionnel « droit et enjeux du monde contemporain », pour l’enseignement optionnel « langues et cultures de l’antiquité » et l’enseignement optionnel « arts » (mais nous nous sommes abstenus sur les programmes de spécialité).
Le SE-Unsa s’est aussi prononcé pour les programmes des enseignements optionnels maths complémentaires et maths experts.
 
Nouvelles épreuves
 
Le SE-Unsa a voté contre le projet d’arrêté sur la nature et la durée des épreuves terminales. En effet, comment se prononcer sans connaître plus précisément le contenu de ces épreuves ?
Pour l’organisation du contrôle continu, le SE-Unsa s’est prononcé contre le changement du calendrier des épreuves pour faire passer les épreuves du contrôle continu de terminale au troisième trimestre, alors que le SE-Unsa souhaitait qu'elles se déroulent au second trimestre pour ne pas reconstituer de mini-épreuves du bac : en faisant cela, le ministère fait de la deuxième moitié de l'année de terminale un long tunnel d’épreuves.
 
les élèves devront ainsi passer :
  • des épreuves de spécialité sans doute placées en mars, parce que le ministère souhaite que les épreuves soient prises en compte par parcoursup. Le SE-Unsa ne souhaitait pas cette prise en compte des notes des épreuves terminales de spécialités dans l'affectation universitaire, qui dévoie le choix des spécialités en le rendant plus "stratégique" pour l'orientation.
  • des épreuves pratiques et orales pour ceux qui suivent la spécialité langues et les spécialités scientifiques
  • des épreuves communes de contrôle continu en mai en histoire-géographie, en EMC, en langues A et B et en enseignement scientifique
  • des épreuves de philosophie et une épreuve orale finale en juin
Tout ceci, alors que les enseignants feront aussi passer en parallèle les épreuves anticipées et les épreuves communes de contrôle continu en première.
 
Cette dernière séance du CSE pour l’année 2018-2019 s’est tenue dans un climat de tension entre le ministre et les personnels travaillant en lycée qui peine à s’apaiser alors que le baccalauréat est maintenant terminé. Le SE-Unsa regrette la méthode et les choix gouvernementaux qui ont conduit à cette situation : il y a le nombre et le rythme des réformes menées depuis 2017 sur fond de restrictions budgétaires qui sont incompatibles avec la sérénité nécessaire pour mener des politiques éducatives durables. Il y a également le peu de cas fait des attentes et des revendications des personnels.
Pour le SE-Unsa, le changement de méthode s’impose.