Nouvelle évaluation des enseignants : comment ça marche ?

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Avec la mise en place de l’ensemble des mesures du dossier PPCR (Parcours professionnels, carrières et rémunérations), l’évaluation des personnels est revisitée dès la rentrée 2017. Orientée sur deux axes, l’appréciation de la valeur professionnelle et l’accompagnement, elle se veut plus formative et plus équitable quel que soit le corps d’appartenance.
 
La mesure de la valeur professionnelle se fait désormais grâce à trois rendez-vous de carrière, dont les conclusions impacteront à deux reprises l’avancement d’échelon, ainsi que l’accès à la hors-classe.
Encadré par un arrêté national, le rendez-vous de carrière comprend plusieurs étapes :
  • l’information individuelle à l’agent évalué, avant les vacances d’été, de la programmation d’un Rdv de carrière pour l’année scolaire à venir. La date précise sera communiquée au plus tard un mois avant le rendez-vous lui-même,
  • la visite de l’inspecteur dans une situation d’enseignement,
  • les entretiens : le délai entre les entretiens des deux évaluateurs n’excèdera pas six semaines,
  • le compte-rendu du RDV de carrière *, encadré par des grilles nationales spécifiques** au corps d’appartenance (voir en PJ) et définissant des niveaux d’expertise pour chacune des compétences ainsi que la ou les appréciations générales des évaluateurs,
  • l’éventuelle formulation d’observations écrites par l’évalué jusqu’à trois semaines après la réception du compte-rendu,
  • l’appréciation de la valeur professionnelle, arrêtée par le recteur, est notifiée au personnel dans les deux premières semaines de l’année scolaire suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l’évaluation.
    En cas de désaccord, le personnel a à sa disposition des voies de recours en plusieurs étapes : une demande de révision de l’appréciation finale de la valeur professionnelle (par une saisine du recteur dans les trente jours francs suivant la notification), une saisine de la CAPA (Commission administrative paritaire académique) dans les trente jours francs suivant le refus de révision.
*Le compte-rendu d’évaluation professionnelle est commun à tous les enseignants, quels que soient leur corps d’appartenance ou lieu d’exercice. Il s’appuie sur le référentiel de compétences professionnelles de 2013 et met en évidence l’unicité et l’égale dignité du métier.
Il existe toujours 2 deux évaluateurs : l’IEN et le chef d’établissement. Certaines compétences se croisent et se complètent. Le dialogue entre les évaluateurs sera donc indispensable. La grille tente d’objectiver les attendus de l’évaluation et chacune des onze compétences donne lieu à un positionnement sur quatre niveaux de maîtrise (À consolider, Satisfaisant, Très satisfaisant, Excellent).
 
**La grille d’évaluation prend en compte les différentes facettes du métier. Si la moitié des items sont centrés sur le « cœur du métier », à savoir les activités d’enseignement dans la classe, les autres portent sur l’investissement dans le travail en équipe, l’accompagnement des élèves dans leur parcours, la responsabilité et l’éthique professionnelle. Pour le SE-Unsa, ces dimensions de plus en plus prégnantes devaient être davantage reconnues et prises en compte. Enfin, un item porte sur l’engagement dans une démarche collective et individuelle de développement professionnel. Il implique bien sûr une relance de la formation continue de la part de l’institution, mais aussi la capacité de chacun d’entre nous à questionner nos pratiques et à chercher en équipe des réponses pédagogiques et éducatives aux difficultés de nos élèves. Comme toutes les grilles d’évaluation multi-critères, celle-ci tend à donner une vision éclatée du métier.
 
Le SE-Unsa a défendu sans succès une approche plus globale avec trois entrées centrées sur l’évalué (J’agis en praticien expert des apprentissages,  J’agis dans un collectif au service de la réussite de tous les élèves, J’agis au sein du Service public d’Éducation) et donnant lieu à des descriptifs qualitatifs des niveaux attendus reprenant les principales compétences du référentiel-métier.
Au final, si cette grille permet de mieux rendre compte du métier tel qu’il est réellement, elle nécessite une explicitation des niveaux de maîtrise attendus pour être totalement validée.