Personne ne veut exécuter l’EPS !

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Là où le Snep-FSU voit la mort de l’EPS, le SE-Unsa voit une réforme du collège et des programmes qui envisagent enfin l’élève dans sa globalité et non comme un récipient avec plusieurs compartiments à remplir. L’EPS y prend sa part, comme toutes les autres disciplines, pas plus, pas moins.

Le Snep-FSU crie haut et fort, à la mesure de ses moyens, pour pointer ce qu’il appelle « une exécution », alors même qu’il s’agit de regrouper TOUTES les disciplines au même niveau d’interaction pour œuvrer d’une manière globale à la formation de tous les élèves.

L’EPS est-elle en danger ? Notre spécificité disciplinaire ne peut pas être remise en cause puisque nous sommes les seuls au sein des différentes disciplines à travailler en grande partie sur les ressources motrices des élèves.

Les effets de cette réforme, de ces programmes ne se mesurent pas au nombre de pages accordées à telles ou telles disciplines par rapport à l’autre ; il n’est pas question de (re)mettre en compétition les matières entre elles, mais bien de les aborder GLOBALEMENT, à travers ce qu’elles peuvent apporter au socle. Là où le Snep-FSU s’arrête à la forme des programmes EPS, certes à compléter, nous voyons la portée pédagogique du fond d’une telle prise de position.

Depuis que l’on ne considère plus l’enfant comme un vase passif à remplir de savoirs, de techniques vides de sens, les professionnels de l’éducation, vous, professeurs d’EPS, agrégés d’EPS, chargés d’enseignement, œuvrez avec vos collègues des autres disciplines pour donner du sens aux savoirs, pour mettre en lumière les fils qui relient les matières entre elles et qui participent à la formation du citoyen de demain ; par des actions parfois « bricolées » vous agissez au niveau pédagogique en créant des alliances que d’autres syndicats considèrent comme impossibles :

-utiliser un texte analysé en français pour s’exprimer en danse avec son corps;

-utiliser les calculs de vitesses et les statistiques pour travailler sa VMA;

-s’appuyer sur des éléments de cartographie pour faire une course d’orientation;

-collaborer avec les professionnels de la vie scolaire et utiliser certaines formes de regroupement pour travailler sur le vivre-ensemble.

Eh bien, elles existent déjà en partie sur le terrain ces fameuses EPI ! Elles ne sont pas hors-sol ! Elles servent un projet bien plus global que le projet disciplinaire ! En somme, elles permettent de donner du sens aux apprentissages des élèves sans retirer les connaissances et savoirs propres aux disciplines.

Nous, professeurs d’EPS, ne sommes pas là pour fabriquer des sportifs et sportives de haut niveau. L’important pour chaque élève est qu’il ait compris comment interagir avec autrui pour servir le collectif, qu’il maitrise les outils du vivre-ensemble, qu’il puisse réinvestir ces connaissances/compétences/savoirs dans un contexte différent (celui du cours de langues vivantes en travail de groupe par exemple), et in fine lorsqu’il sera adulte, qu’il puisse agir avec les autres avec des codes communs.

Les nouveaux programmes d’EPS sont conçus pour permettre ces liens interdisciplinaires, pour souligner la contribution de chaque discipline, dont l’EPS, aux compétences du socle dans les 5 domaines. Ils ne sont pas des documents professionnels aboutis. Pour le SE-Unsa, ils doivent être complétés, étoffés par les professionnels eux-mêmes, en particulier en proposant des niveaux de maîtrise progressifs. Mais ils ne doivent certainement pas être recentrés sur les Apsa, car encore une fois, ils servent,… nous servons un projet bien plus global que celui de notre champ disciplinaire, même si nous sommes garants d’apprentissages moteurs spécifiques.

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