Réforme Voie pro : projets de programmes pour les langues vivantes A et B

| popularité : 3%
Dans le cadre de la réforme de la voie professionnelle, la Dgesco(1) s’est entretenue avec les organisations syndicales le 15 février sur les futurs programmes de langues vivantes A et B pour les élèves de CAP et de bac professionnel.
 

Accessibilité et lisibilité du texte
 
  • Le SE-Unsa a relevé dans les programmes qu’il n’y avait pas de modification importante en ce qui concerne les objectifs poursuivis.
  • Les compétences et les  savoirs visés sont moins explicites que dans les programmes précédents.
 
Horaires consacrés aux enseignements (informations pour mieux comprendre l’analyse des programmes)
 
Pour le bac pro, les horaires en ce qui concernent ces enseignements sont de 2 heures par semaine pour la langue vivante A et d’1h30 pour la langue vivante B. Ils nous paraissent faibles par rapport à l’ambition affichée pour cette discipline. Il y a une perte de 30 minutes par rapport à l’ancienne grille même si les langues vivantes peuvent intervenir en AP ou dans les temps consacrés au chef d’œuvre pour certaines spécialités.
 
Pour le CAP, les horaires sont d’une demi- heure en classe entière et d’1 heure à effectif réduit. Il y a une perte de 30 minutes, ce qui représente un quart de l’horaire de l’ancienne grille. Pourtant, les objectifs sont maintenus à l’identique.
 

Prise en compte des spécialités  professionnelles choisies par les élèves
 
Le SE-Unsa apprécie le caractère interculturel abordé dans ces programmes et  la répartition linguistique équitable  entre les deux contextes mis en avant: le premier contexte se base sur  les situations et les actes de la vie quotidienne, personnelle, sociale et citoyenne et le deuxième contexte se base sur  les situations et les actes de la vie professionnelle.
Ces deux contextes  permettront à nos élèves de la voie pro qui envisagent une mobilité d’avoir des bases plus solides pour communiquer plus facilement et appréhender les situations concrètes dans lesquelles elles ou  ils pourraient se retrouver.
 

Respect du cadre européen de référence pour les langues
 
Les niveaux  de maîtrise d'une langue étrangère en fonction de savoir-faire dans différents domaines de compétence sont respectés.
Ils sont différents selon le parcours de formation (CAP  ou baccalauréat professionnel) :
  • le niveau A2 sera le niveau attendu à l’issue du cycle conduisant au diplôme du CAP ;
  • le niveau B1+ sera le niveau attendu en langue A à l’examen du baccalauréat professionnel.
 
Le numérique
 
  • L’utilisation du numérique en classe ou en dehors de la classe est vivement préconisée par le ministère. Cependant comme cette utilisation est vivement recommandée pour l’ensemble des matières dans tous les nouveaux projets de programmes, le SE-Unsa souligne que les équipements ne sont pas suffisants et pose la pertinence du « tout numérique ». La transition numérique est une réalité mais elle doit être organisée en concertation par l’équipe pédagogique de chaque classe.
 
Les propositions du CSP pour les épreuves obligatoires d’examen
 
  • Jusqu’à aujourd’hui, l’évaluation était faite dans le cadre du « CCF ». Il faut rappeler que le CCF en langue vivante n’a jamais été un CCF à proprement parler. C’était  une épreuve ponctuelle en fin de cycle seulement, organisée par l’ensemble de l’équipe pédagogique de la matière. Le CSP(2) propose d’être dans une logique d’ « évaluation finale certificative », avec une évaluation au cours du dernier trimestre du cycle de formation.
  • Dans ce projet, la partie orale qui existait depuis la rénovation de 2009  est toujours présente. On la retrouve  dans la sous-épreuve 2.
  • La nouveauté, c’est l’apparition d’une épreuve écrite commune, pour évaluer la compréhension orale et l’expression écrite. Si cette option est confirmée, il faudra entrainer les élèves  à ce nouveau type d’exercice pour pouvoir les évaluer dans de bonnes conditions (et avec moins de temps d’enseignement).
  • Il y aura deux sous-épreuves bien distinctes :
    - Une première sous-épreuve où l’ensemble des apprenants (scolaires et apprentis) seront réunis lors d’un rendez-vous unique pour évaluer la compréhension orale (3 auditions successives d’un document vidéo ou audio d’une minute au CAP et d’une minute trente au bac pro) et l’expression écrite (durée 30 minutes).
    - Une deuxième sous-épreuve, épreuve orale individuelle (expression orale en continu, expression orale en interaction, compréhension écrite) qui relèvera des 2 contextes travaillés au cours de la formation.
 
Le SE-Unsa fait remarquer qu’une épreuve supplémentaire avec moins de temps pour la préparer risque de mettre en difficulté les candidats et les enseignants.
 
 
Les propositions du SE-Unsa auprès de la Dgesco lors de cette réunion pour améliorer le texte 
 
Le SE-Unsa demande :
  • qu’une consolidation ou un approfondissement soit possible en AP ;
  • d’envisager la possible intégration des langues vivantes à la co-intervention, étant donné qu’elles font partie du socle commun de connaissances, de compétences et de culture. De plus il a été dit lors de cette réunion que le français et les maths n’étaient pas des matières «exclusives » à la co-intervention. Une note de service apportera des précisions sur ce point ;
  • de flécher des heures spécifiques aux langues  lors des périodes d’approfondissement  en terminale pour ceux qui voudront poursuivre en BTS.
 
Nos demandes à propos du texte sur les propositions relatives aux épreuves d’examen en langue vivante A et B

Le SE-Unsa demande :
  • que la compréhension écrite de la sous-épreuve 2 passe dans la sous-épreuve 1 : épreuve écrite commune ;
  • que l’élève puisse avoir un temps de préparation (15 minutes)  lors de l’épreuve orale ;
  • que l’on tienne compte des différents handicaps lors de la sous épreuve 1 commune car les supports pourront être très variés (exemple : documents audio ou vidéo) et ces supports ne pourraient  pas forcément être compréhensibles par tous.
 
Dans le même esprit que pour la réforme du lycée général et technologique, une consultation de la profession par questionnaire individuel et anonyme se déroule du 18 février au 6 mars. Le lien a été envoyé sur la boîte professionnelle de chaque collègue PLP.

Les programmes de langues vivantes A et B de la voie professionnelle seront présentés en CSL(3) les 12 et 13 mars pour un vote en CSE(4) le 22 mars.

Durant toutes ces étapes, le SE-Unsa sera présent, acteur et communiquera à la profession les avancées de l’ensemble des discussions.
 
(1) Direction générale de l’enseignement scolaire
(2) Conseil supérieur des programmes
(3) Commission spécialisée des lycées
(4) Conseil supérieur de l’Éducation
 

Navigation