Rapport Mathiot : le plus dur reste à faire

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Pierre Mathiot a remis ses propositions pour un nouveau bac en 2021 et ses implications dans l’organisation du lycée général et technologique. Ce rapport constitue la base des discussions qui vont maintenant s’ouvrir avec le ministre.
Le SE-Unsa partage les objectifs poursuivis, relève des pistes intéressantes mais alerte aussi sur plusieurs limites du projet.
 
Les points positifs :
  • l’introduction d’un oral à l’issue d’un projet alliant deux disciplines ;
  • l’amélioration de la valeur certificative du diplôme et des élèves rassurés par une validation régulière de leurs acquis ;
  • le développement accompagné de l’autonomie des élèves ;
  • l’organisation de l’année en semestres pour desserrer l’étau des bulletins et conseils de classe tous les trois mois.
Du côté des points d’alerte :
  • une hyperspécialisation des élèves du point de vue de Parcoursup et les possibles conséquences sur l’orientation ;
  • la complexification de l’organisation et des contenus d’enseignement du lycée, par une multiplication des combinaisons possibles entre les majeures et des mineures de spécialisation ou d’ouverture ;
  • les difficultés de lisibilité pour les élèves et leurs familles ;
  • les conséquences de la logique de deux majeures pour les disciplines qui pourraient être peu choisies ;
  • l’impact d’une modularité semestrielle non encadrée sur l’organisation des services.
Alors que les personnels craignent des réductions de postes et l’alourdissement de leur charge de travail et que les élèves redoutent une restriction de leur choix d’orientation, le ministre  devra démontrer que cette réforme n’a pas pour objectif de faire des économies, ni d’enfermer les élèves dans des choix trop précoces.
Pour le SE-Unsa, la réforme devra mieux accompagner les élèves, consolider et mieux évaluer leurs acquis et développer leurs compétences orales. Sans s’embourber dans la complexité, elle doit réussir à dépasser réellement les limites du baccalauréat d’aujourd’hui pour une  amélioration concrète pour les lycéens et leurs professeurs. Le plus dur reste donc à faire.
 
Paris, le 24 janvier 2018
 
Stéphane Crochet
Secrétaire général

Attachée de presse
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