Recrutement des enseignants : quelles perspectives ?

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Les résultats des concours de recrutement des enseignants sont l’occasion de voir ressurgir la problématique du nombre de candidats et la question de l’attractivité du métier.
 
Si notre ministre a récemment qualifié le sujet « d’extrêmement important », il n’en reste pas moins que le premier signal envoyé par le gouvernement n’est pas à la hauteur des objectifs. En effet, si la fluctuation des recrutements entraîne une fluctuation du nombre de candidats*, on peut s’attendre à ce que la première conséquence de la création de 4000 postes contre 50 000 sur le dernier quinquennat n’implique pas une hausse de candidats.
 
Par ailleurs, le ministre évoque la possibilité de faire du pré-recrutement ou de créer des bourses pour les étudiants qui se destinent au métier d’enseignant. Le SE-Unsa sera attentif à tout dispositif qui permettrait le soutien financier comme pédagogique des étudiants ainsi que la diversité des origines sociales, véritable richesse pour l’Ecole. Aussi, le recours au pré-recrutement ne devra pas avoir un but sélectif. 
 
En tout état de cause, il semble que ces propositions considèrent le recrutement comme problématique de façon homogène sur tout le territoire et dans le 1er comme dans le 2nd degré. Pour autant, l’attractivité diffère selon trois critères principaux* : les concours (Agrégation plus attractive que le Capes pour une même matière), les disciplines et les académies (pour le 1er degré). Pour le SE-Unsa, les actions doivent être ciblées en tenant compte de ces critères : en développant davantage de modules universitaires de pré-professionnalisation et de dispositifs d’apprentissage dès la licence sur des territoires peu attractifs ou pour les disciplines qui manquent de candidats.
 
De plus, les modalités de recrutement, la question du salaire et du manque de reconnaissance des enseignants sont aussi à prendre en compte. Le SE-Unsa y est attentif et restera force de propositions sur le sujet en n’oubliant pas que certaines académies ou disciplines comptent encore beaucoup de candidats et que pour elles, comme pour les autres, ils ont une réelle envie d’exercer ce métier.
 
*cf : Rapport scientifique sur l’attractivité du métier publié par le CNESCO en novembre 2016.