Référé de la cour des comptes : un pavé de poids dans la mare de la formation continue

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Un référé de la cour des comptes sur la formation continue des enseignants daté du 30 janvier vient d’être publié. Le SE-Unsa s’appuie sur l’analyse et les recommandations de la Cour des comptes pour rappeler à la ministre de l’Éducation nationale les attentes fortes des enseignants en matière de développement professionnel. Ces attentes avaient été clairement exprimées au travers de l'enquête 800 000 enseignants et mo(lien inactif désormais).

Le constat de la Cour des comptes est accablant pour le ministère qui emploie le plus grand nombre de fonctionnaires et dont la formation est le coeur. Il montre un ministère qui confond information descendante et développement des compétences des professionnels. Le référé relève que la formation continue, avant tout conçue comme un vecteur de mise en œuvre des réformes pédagogiques, n’est pas utilisée par le ministère comme un levier de gestion des ressources humaines. Il préconise d’élargir sa cible au-delà de l’accompagnement des réformes et de la préparation des concours internes[…]afin de permettre un accompagnement des enseignants tout au long de leur carrière, depuis le développement actif des compétences pendant les premières années du métier jusqu’à une phase de consolidation professionnelle, puis de valorisation de l’expériences acquises. Les dispositifs de congé pour formation professionnelle devaient aussi avoir pour but […] d’accompagner les réorientations de carrière et de soutenir des projets professionnels atypiques.

Ce référé de la Cour des comptes est une incitation à rompre avec l’archaïsme de la gestion des ressources humaines à l’Éducation nationale,  en particulier la vision uniformisante, court-termiste et utilitariste de la formation continue, et la routine sclérosée des plans académiques de formation. Il pourrait être l’occasion d’enfin entrer dans le 21e siècle en reconnaissant l’enseignant  comme un expert concepteur de son action dans un collectif de travail qui a besoin d’être nourri et étayé. Avec les  Espé, les nouveaux programmes, les nouveaux cycles, les créations de postes, toutes les pièces du puzzle sont réunies. Sur le papier au moins. Dans les faits, les progrès sont plus lents. Pour former un tout cohérent et efficace, il faut maintenant que le plus grand ministère de France change ses habitudes séculaires et impulse une véritable politique de gestion des ressources humaines  qui place les enseignants au cœur.