Réforme des retraites : un premier point d’étape

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Le haut-commissaire à la réforme des retraites (HCRR) a fait, le 10 octobre, un premier bilan d’étape de la concertation sur la réforme des retraites.
 
L’Unsa a participé à toutes les réunions de concertation. Elle prend acte que la répartition restera le pilier du nouveau système universel de retraite. Système qui verra les trimestres remplacés par un système à points et qui mettra fin aux 42 régimes actuellement en place.
 
 
Âge de départ et revenus pris en compte
 
L'Unsa constate que, conformément à sa demande, l’âge de départ à la retraite à 62 ans ne sera pas remis en cause. Elle prend également acte que les revenus d’activités tout au long de la carrière jusqu’à 120.000 euros (y compris les primes pour les agents de la Fonction publique et les salariés des régimes spéciaux) seront pris en compte. Le HCRR annonce que, dans cette optique, le gouvernement ouvrira une concertation sur les carrières et les rémunérations dans la Fonction publique.
 
 
Enjeux de la réforme
 
Le HCCR a confirmé que cette réforme n’est pas financière (le système étant à l’équilibre) mais a pour objectif l’équité et la lisibilité pour les assurés.
 
L’Unsa, qui milite pour une amélioration et une homogénéisation progressive de notre actuel système de retraite souvent complexe et parfois inégalitaire, n’était pas demandeuse d’une réforme systémique.
 
En tout état de cause, elle rappelle que, quel qu’en soit le fonctionnement, l’objectif d’un système de retraite doit être de garantir une pension décente, la moins éloignée possible du revenu d’activité. Dans ce cadre, l’Unsa demande que cette revendication soit concrètement traduite dans un hypothétique futur projet de loi.
 
 
Minimum de pension et inégalités
 
La solidarité interne au système de retraite doit également continuer à s’exercer pour garantir un minimum de pension. Pour l’Unsa son niveau doit être porté au niveau du SMIC. Elle doit également compenser les inégalités, particulièrement celles touchant les femmes, la pénibilité au travail, les carrières incomplètes (notamment les périodes de précarité, de chômage ou de maladie) ou encore prendre en compte les carrières longues.
 
L’Unsa constate que, sur l’ensemble de ces sujets cruciaux, le Haut-Commissaire a confirmé que ces éléments seront pris en compte. Toutefois, lors de ce point d’étape, aucun chiffrage, ni aucun cas type n’ont été fournis. Il n’est donc pas possible à ce stade d’avoir une visibilité sur les effets concrets de ce changement de système et, par conséquent, sur la possibilité d’en corriger ou non les aspects pénalisants. Pour l’Unsa, la future pension ne peut être inférieure à la pension actuelle, à carrière comparable
 
 
Un choix de société
 
Alors qu’une 2de phase de concertation va s’ouvrir dans les semaines à venir, l’Unsa estime qu’il est temps pour le gouvernement de sortir des grands principes.
 
Avant d’être une question de comptabilité, un système de retraite est d’abord une conception de la société. Face à la complexité de ce dossier à grande technicité, face à son caractère socialement très sensible et donc particulièrement anxiogène, il faut que le gouvernement dévoile ses intentions.
 
 
Organisation réformiste, l’Unsa n’a pas peur de la discussion. Encore faut-il désormais que l’on sorte des zones d’ombre et que soit pris le temps nécessaire à la concertation.
 
L’Unsa jugera sur pièces, au regard de la réalité des droits qui seront ou non garantis et du niveau de justice sociale atteint. Elle assumera en conséquence ses responsabilités devant ses mandants.