Réforme du collège : les rumeurs n’étaient… que des rumeurs

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Cette année, la rentrée est intense pour les professeurs du collège avec la mise en place de nouveaux programmes, du nouveau brevet et évidemment de la réforme du collège. Cette dernière impliquait surtout l’élaboration en équipe d’Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) et de l’accompagnement personnalisé, pas forcément sous forme de barrettes ou d’emplois du temps bouleversés, mais tout simplement en traitant les programmes différemment.
 
Comment se passe la rentrée sur le terrain?
 
En bref,  tout se passe bien, là où la réforme est préparée depuis l’an dernier par les équipes, en concertation, et moins bien, là où la réticence de certains, le manque d’implication et d’engagement des corps d’inspection et des chefs d’établissement a empêché de construire un projet. Alors, tout se fait mal, à la va-vite, à la rentrée. Les collègues qui se sont investis ont apprécié de travailler plus en équipe et par projet, et vont souvent plus loin que la réforme, vers les classes sans notes et une évaluation par compétences généralisée. En éducation prioritaire, la réforme permet de reconnaître et de donner plus de moyens à des projets déjà existants d’accompagnement et de travail interdisciplinaire. Concernant le latin, là où certains intellectuels s’insurgeaient contre sa disparition annoncée, 92 % des établissements  assureront l’enseignement de complément « latin » (source AEF).
 
Des problèmes se posent pourtant et doivent être résolus, notamment en terme d’emplois du temps et de postes partagés, ou de blocs de moyens provisoires restés vacants, selon les disciplines, comme en espagnol par exemple. Pour le SE-Unsa, de nombreux ajustements doivent être effectués d’ici la rentrée prochaine. Il faudra ainsi rééquilibrer au sein des établissements la place attribuée à la technologie, qui a pu perdre globalement des heures d’enseignement au bénéfice d’autres matières scientifiques, notamment en 6e. Les remplaçants et les nouveaux arrivants dans les établissements auraient dû être plus accompagnés, et pas forcément intégrés de suite dans un, voire plusieurs, dispositif(s) différent(s), qu’ils découvraient à la rentrée. La participation des professeurs documentalistes à des dispositifs tels que l’accompagnement personnalisé doit pouvoir être reconnue dans leur service comme une heure d’enseignement. De la même manière, le nouveau DNB et le passage au Livret scolaire unique numérique doivent faire l’objet d’une meilleure information et formation pour les enseignants alors qu’ils sont mis en œuvre dans les prochains mois.
 
Pour autant, malgré les questions pendantes que nous relevons, notre syndicalisme n’est pas celui du refus de toute évolution, de la peur et des rumeurs, mais bien un syndicalisme de changement, positif, qui négocie pour avancer. Les heures complémentaires utilisées à cette rentrée pour multiplier les dédoublements et la co-animation, quand elles sont utilisées à bon escient, nous montrent que nous ne nous sommes pas trompés. C’est ainsi que nous avons obtenu la création de 4000 postes, d’ici à la rentrée 2017, pour mettre en œuvre cette réforme.