Rénovation de la voie pro : garantir les moyens, c’est la condition de la confiance des personnels

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Le ministre de l’Éducation nationale a enfin rendu ses arbitrages pour la rénovation de la voie professionnelle. Outre la promotion de l’apprentissage dont on connait les limites en pré-bac, les projets qu’il développe peuvent contribuer à rendre la voie professionnelle plus attractive. Ils peuvent permettre de mieux répondre aux besoins d’élèves aux profils et projets très divers, à condition qu’ils ne soient pas l’occasion de nouvelles économies dans la voie professionnelle.

Les nouvelles grilles horaires en bac professionnel sont allégées pour les élèves afin de dégager des heures pour des groupes à effectifs réduits ou de la co-intervention. C’est une option intéressante, si aucun moyen ne s’évapore dans l’opération, si les programmes sont adaptés et si les équipes sont accompagnées pour mettre en œuvre les nouveaux dispositifs. Le développement de l’apprentissage dans les LP devra également être suivi de très près. Apprentissage et voie scolaire doivent se compléter sans se concurrencer.

D’autres axes de travail sont encore flous, que ce soit l’avenir des 78 campus des métiers existants, la mise en œuvre des futures « familles de métiers » ou la durée modulaire du CAP. Le ministre a également décidé de réduire les capacités d’accueil du bac professionnel Gestion et Administration. On évoque une réduction de moitié du nombre de sections sur 5 ans. Pour le SE-Unsa, les conséquences pour les 80 000 élèves qui fréquentent cette filière comme pour les enseignants d’éco-gestion doivent être anticipées et constituer une priorité pour le ministère et les académies.

Selon le ministre, toutes ces propositions donneront lieu à « un dialogue social nourri et constructif ». Pour le SE-Unsa, des moyens garantis et l’amélioration de la qualité de vie au travail des enseignants de lycée professionnel sont indispensables à la réussite de ce projet. Les attentes des enseignants de LP sont très fortes. Ils ne sont que 60% à se déclarer heureux dans leur métier, contre plus de 85% des enseignants en lycée GT selon un sondage SE-Unsa-IFOP à paraître mercredi 31 mai 2018. Cet écart significatif doit interpeller le ministre.

Paris, le 28 mai 2018
Stéphane Crochet
Secrétaire Général
 
Attachée de presse
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