Rénovation du CAP : mettre les moyens à la hauteur des enjeux

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Le ministère souhaite une adaptation de la durée de la formation (un, deux, ou trois ans) et des modalités liées au contenu en fonction du profil des élèves ainsi qu’une refonte des programmes d’enseignement général pour attester un socle de compétences et de connaissances.
 
Pour le SE-Unsa, il est indispensable d’améliorer les conditions d’enseignement en CAP pour faire face à la diversité des publics et à la prise en charge de la grande difficulté scolaire.
 
Le CAP permet l’accès à un 1er niveau de qualification professionnelle et est largement reconnu dans les conventions collectives. Ce diplôme a été indirectement impacté par la réforme du « bac pro 3 ans » sans subir de transformation notable. Le public a évolué notamment avec l’augmentation des élèves issus de Segpa et d’Ulis, ceux de Segpa représentant plus d’un quart des effectifs. Les poursuites d’étude en bac pro ont augmenté fortement pour atteindre 20%. Par ailleurs, les taux de sortie en 1re année et les ruptures de contrats d’apprentissage sont élevés (de l’ordre de 20%).

Le défi que doivent relever les équipes pédagogiques n’est pas mince : limiter le décrochage en emmenant des jeunes en grande difficulté scolaire jusqu’au niveau V, certifier des compétences professionnelles pointues, permettre la poursuite d’étude afin d’élever le niveau de qualification.
Le SE-Unsa revendique un véritable accompagnement des enseignants pour améliorer la prise en charge des jeunes en grande difficulté scolaire ou en situation de handicap. Cet accompagnement doit se traduire pour les enseignants par la mise en place de formations à la hauteur des enjeux mais aussi par la création de postes de référents EBEP (élèves à besoins éducatifs particuliers) détenteurs du Cappei qui viendront en soutien des équipes pédagogiques.

Le ministère veut que les équipes pédagogiques fassent du « sur mesure » pour chaque élève en jouant sur la durée (de 1 à 3 ans) et le contenu de la formation. Cela est peut-être une proposition intellectuellement séduisante mais nous sommes très dubitatifs sur la mise en œuvre concrète d’une individualisation aussi poussée et inquiets de la charge de travail induite.
Le SE-Unsa demande que le parcours 3 ans ne soit pas imposé aux équipes mais que sa mise en œuvre se fasse sur la base du volontariat avec des moyens spécifiques.

Par ailleurs, beaucoup de jeunes qui intègrent un CAP sont très loin du niveau requis du socle commun de compétences de connaissances et de culture.
Sur la base de ce constat, le SE-Unsa propose de réfléchir à la création, en vue d’une acquisition pour tous, d’un socle de connaissances et de compétences nécessaires à l'insertion professionnelle et à la vie sociale, civique et culturelle. Ce socle pourrait être l’équivalent pour la formation initiale du certificat Cléa créé par le Copanef (Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation) en 2015.