Risques psycho-sociaux : est-ce que les enseignants français ont le moral ?

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Les enseignants français sont-ils satisfaits de leur travail ? Qu’est-ce qui les met en difficulté ? Ces questions étaient posées dans l’enquête TALIS (enquête internationale sur l’enseignement et l’apprentissage) menée dans les pays de l’OCDE en février/mars 2018 auprès des enseignants de collège, et ont fait l’objet d’une note de la Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP) du ministère en juin 2018.
 
Pour le SE-Unsa, les résultats de cette enquête doivent être observés de près pour améliorer les conditions de travail des enseignants.
 
Les enseignants français se sentent peu efficaces
 
3000 enseignants français, sur 150 000 interrogés dans 50 pays du monde entier, se sont positionnés, tout comme en 2013, sur leur satisfaction personnelle dans l’exercice de leur métier d’enseignant. Le sentiment d’efficacité des enseignants français est en baisse par rapport à l’enquête de 2013 : depuis 5 ans, les enseignants français se sentent moins capables d’appliquer des méthodes pédagogiques différentes en classe, (22 % contre 40 % de moyenne en Europe), pour expliquer autrement aux élèves qui ne comprennent pas (40 % contre 56 % de moyenne en Europe), pour calmer un élève perturbateur (28 % contre 36 % en Europe), pour amener les élèves à respecter les règles (38 % contre 43% en Europe), pour amener les élèves à réaliser qu’ils peuvent réussir (24 % contre 40%) ou encore pour motiver les élèves peu intéressés (13 % contre 24%).
 
Des enseignants français à la fois motivés...et malheureux ?
 
Un paradoxe : les enseignants français, parfois plus que leurs confrères et consœurs européen·ne·s, ont choisi ce métier, pour jouer un rôle dans le développement des enfants et pour contribuer à la société.
La recherche de stabilité et de sécurité professionnelle est moins recherchée que dans d’autres pays. 9 enseignants français sur 10 aiment travailler dans leur collège. Ils déclarent toutefois passer moins de temps à travailler de manière collective, et ont plus de difficultés en gestion de classe.
Ils se sentent aussi moins bien formés pour l’exercer, avec des proportions souvent inférieures de moitié par rapport à la moyenne des pays européens.
 
Le SE-Unsa revendique que la formation initiale et continue des enseignants, ainsi que les concours de recrutement, intègrent mieux les enjeux pédagogiques et tout simplement les enjeux d’une école publique laïque.
 
La note publiée par la DEPP en juin 2019 revient sur le lien entre le sentiment d’efficacité qu’ont les enseignants, et ce qu’on appelle l’épuisement professionnel, à travers trois dimensions : émotionnelles, psychiques et physiques.
En matière d’épuisement professionnel, de dépersonnalisation (indifférence vis-à-vis du métier) ou encore d’accomplissement personnel, la note de la DEPP relève que les enseignants français obtiennent des scores inférieurs aux autres pays européens sur l’échelle de Maslach, élaborée par une psychologue américaine du même nom dans les années 1980. Un faible score en matière d’accomplissement personnel et un score élevé en matière de dépersonnalisation indiquent une situation de « burn-out ».
Comment, alors, le système éducatif français peut-il permettre aux enseignants de se sentir plus efficace dans leur métier ?
 
Le moral des enseignants a un impact sur les apprentissages
 
Les enseignants qui se sentent moins efficaces recourent moins régulièrement à l’activation cognitive des élèves (utilisation de tâches complexes notamment), donnent moins souvent des exercices favorisant l’esprit critique et proposent moins régulièrement aux élèves de travailler en groupe, d’après les travaux du psychologue américain Albert Bandura.
De plus, seuls 23 % des enseignants qui se sentent les plus efficaces sont perturbés par le bruit en classe contre 44 % chez les enseignants qui se sentent le moins efficaces.
 
Pour le SE-Unsa, le bien-être des enseignants doit faire l’objet de mesures transversales dans les politiques éducatives : développement d’une médecine de prévention, aménagement de locaux de repos au sein des établissements, accès facilité à la formation continue et accompagnement bienveillant de la hiérarchie en cas de difficulté professionnelle font partie des revendications du SE-Unsa.
Le SE-Unsa a mené une enquête sur les conditions de travail des enseignants en janvier 2018 (voir résultats sur https://enseignants.se-unsa.org/Enquete-conditions-de-travail-du-SE-Unsa-les-resultats) et propose des « fiches utiles » sur les risques psychosociaux.
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