Rythmes scolaires : le rapport de l’Inspection générale

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Le ministère a rendu public, vendredi 10 juin, un rapport de l’Inspection générale sur la nouvelle organisation de la semaine scolaire, rapport rédigé en 2015. Plus qu’une mesure objective des effets de la réforme -mesure impossible à réaliser avec moins d’un an de mise en place effective - ce rapport se fait plutôt l’écho de ressentis.

Dès le début de leurs propos, les inspecteurs généraux estiment qu’il est trop tôt pour tirer un bilan des conséquences de la réforme sur les apprentissages des élèves. Le rapport a été rédigé lors de l’année scolaire 2014-2015, soit la 1ère année de généralisation de la nouvelle organisation de la semaine scolaire. Ils rappellent également que le ministère, malgré des enquêtes en cours (lire ici), ne s’est pas doté de véritables outils permettant d’évaluer la réforme. Pour le SE-Unsa, il est aussi dommage que le ministère n’ait pas publié ce document l’année dernière alors qu’il pouvait constituer un point d’appui pour des réflexions locales.

Dans le détail, le rapport souligne que le retour de la cinquième matinée de classe donne plus de temps pour étudier le programme, aider les élèves en difficulté ou mener des projets.

Il pointe en parallèle que ce sont souvent le français et les mathématiques qui en ressortent renforcés, au détriment des autres disciplines. Le SE-Unsa pointe ici que cette réforme, éminemment pédagogique, a manqué d’accompagnement pour les enseignants dans sa mise en œuvre. Il aurait été nécessaire dès le départ de soutenir la réflexion des enseignants sur l’élaboration de nouveaux emplois du temps et sur l’articulation des différents temps d’apprentissage au cours de la journée. Rappelons qu’en 2014-2015, chaque enseignant a pu « bénéficier » de 0,1 jour de formation (lire notre intervention en comité de suivi de la réforme ici ).

Les inspecteurs généraux formulent ensuite des interrogations. Ainsi, les ressentis autour de l’alourdissement de la journée entraînant une moindre attention sont développés dans le rapport. Cela est à mettre en parallèle avec une étude réalisée à Arras, où des tests d’attention ont été menés afin de suivre l’évolution de celle-ci au fil de la journée et de la semaine. Cette étude conclut qu’il n’y a pas de baisse de vigilance. Tout comme, il semblerait qu’il n’existerait pas de lien avec des troubles de sommeil. Autre exemple au sujet de l’absentéisme : l’analyse fine de celui-ci, qui fait l’objet d’une étude de la Dgesco, sera à mettre en relation avec les différentes organisations de la semaine (mercredi ou samedi, demi-journée libérée dans le cadre du décret Hamon).

Quant à l’école maternelle, sa spécificité ne semble pas avoir toujours été prise en compte dans l’organisation du temps scolaire et dans les choix horaires appliqués.

Enfin, les inspecteurs généraux rappellent que l’organisation de la semaine scolaire n’est pas la seule pierre de l’édifice Refondation. Les effets sur le système éducatif seront à examiner dans un ensemble d’évolutions, parmi lesquelles les nouveaux programmes, le retour de la formation initiale, les dispositifs « plus de maîtres que de classes » et « accueil des moins de 3 ans » ou encore la refonte de l’éducation prioritaire. Les pistes pour améliorer les acquis de tous les élèves sont en effet multiples, l’organisation de la semaine scolaire n’étant qu’un facteur parmi d’autres.

Le rapport n’aborde pas la question de la durée de la semaine scolaire et de l’année scolaire. En effet, si avec 180 jours de classe par an, la France se rapproche des autres pays de l’OCDE, le parallèle s’arrête là.  Notre temps scolaire continue d’être le plus élevé avec 864 h par an contre 804 h en moyenne pour l’OCDE.

Pour le SE-Unsa, le souci de la qualité doit complètement prendre le pas sur le souci de la quantité. L’évaluation de la réforme du temps scolaire doit en étudier tous les paramètres.