Semaine scolaire : le demi-tour au frein à main serait autorisé

| popularité : 1%

Le projet de décret* permettant le retour à la semaine de 4 jours dès la rentrée prochaine a été soumis à l’avis du Conseil supérieur de l'Éducation le 8 juin. Bien que celui-ci ait émis un avis consultatif défavorable (35 contre dont le SE-Unsa, 21 pour, 15 refus de vote, 1 abstention), le projet de texte va poursuivre son cheminement administratif avec un examen au Comité technique ministériel le 21 juin. Il devrait donc pouvoir s’appliquer dès septembre mais dans des délais qui mettent à nouveau la communauté éducative sous tension.
 
Retour en arrière sans évaluation pour les élèves les plus fragiles
 
Le SE-Unsa a exprimé son désaccord avec ce projet qui ouvre la voie à un énième retour en arrière sans évaluation et sans permettre  de poser un regard partagé sur ce qui est bénéfique pour les apprentissages des élèves, en particulier les plus fragiles. Un nouveau changement de pied donne le sentiment aux familles que l’on « bricole » avec l’emploi du temps de leurs enfants sans vraiment savoir ce qui leur est le plus favorable. Le SE-Unsa regrette cette entrée par la permission donnée au local de réduire de 20% le nombre de matinées de classe mais s’interdisant d’interroger nationalement le nombre annuel d’heures d’enseignement qui demeure très élevé et l’organisation du travail des enseignants qui est très lourd.
Le SE-Unsa a demandé qu’une évaluation débute dès septembre pour comparer l’impact des deux types d’organisation de la semaine qui devraient cohabiter.
Lors du CSE, le SE-Unsa a également demandé le maintien du fonds de soutien aux collectivités au-delà de 2019. Les politiques éducatives de territoire se sont largement amplifiées avec un mouvement de professionnalisation des intervenants et de développement de l’accès des enfants et des jeunes à des temps et des activités complémentaires des temps familiaux et scolaires.
 
Et maintenant ?
 
Le projet de décret sera présenté au CTM du 21 juin. La publication au Journal Officiel pourrait intervenir à la suite.
Pour le SE-Unsa, une décision tardive aura des conséquences sur l’organisation des familles, des enseignants et des personnels engagés sur le temps périscolaire entre autres.
Pour permettre une anticipation minimale, il faut donc que les administrations locales donnent le plus tôt possible l’ensemble des éléments permettant de prendre en compte les propositions des communautés éducatives formulées en conseil d’école (calendrier, modalités, date d’effet).
 
Le SE-Unsa accompagnera localement les équipes, qui dans le cadre règlementaire proposé, élaboreront de nouvelles organisations de la semaine scolaire.
 
*Le texte ouvre une nouvelle dérogation possible : 4 journées de 6 heures. Celle-ci est autorisée par l’IA-Dasen sur proposition conjointe du conseil d’école et de la municipalité (ou EPCI). Lorsque la majorité des conseils d’école d’une même commune s’est prononcée favorablement sur cette organisation, celle-ci peut s’appliquer à l’ensemble des écoles de la commune ou de l‘EPCI.