Sondage Ifop/SE-Unsa : des enseignants plus heureux de leur métier que de la politique ministérielle

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Après un an rue de Grenelle, le ministre Jean-Michel Blanquer n’a pas gagné le pari de la confiance auprès des enseignants.
 

Le SE-Unsa a confié à l’IFOP le soin d’étudier l’état d’esprit des enseignants à l’issue de la première année scolaire de la nouvelle majorité gouvernementale. Comment perçoivent-ils la nouvelle politique éducative ? Quelles sont leurs attentes pour mieux vivre leur métier ?

Cette enquête révèle que, loin des propos du ministre sur des critiques n’émanant que d’ « une minorité de professionnels de la défiance », ce sont 63% des enseignants qui jugent que sa politique ne va pas dans le bon sens. Cette proportion culmine à 72% chez les professeurs en lycée général et technologique. Seuls les enseignants en éducation prioritaire expriment à une courte majorité leur satisfaction (53% de réponses favorables).

Malgré ce contexte politique négatif, les enseignants se disent très majoritairement (82%) « heureux d’exercer leur métier ». Toutefois, plusieurs catégories se distinguent par un vécu plus difficile. C’est le cas des enseignants en éducation prioritaire qui se déclarent heureux seulement à 67%, et surtout des enseignants en lycée professionnel (60%). Au moment où le ministre annonce un plan de transformation de la voie professionnelle, il est nécessaire qu’il n’oublie pas le volet « personnels » de cette réforme.

Selon l’enquête, la première marque de reconnaissance pour un enseignant, c’est qu’on lui fasse confiance dans ses choix pédagogiques. Après la séquence ministérielle « recommandations pédagogiques en lecture-écriture », il est clair que le ministre n’a pas pris le meilleur chemin pour construire avec les enseignants l’école de la confiance qu’il appelle de ses vœux.

Pour plus de 90% des enseignants interrogés, la reconnaissance passe aussi par une meilleure rémunération. Les attentes sont fortes à deux semaines du rendez-vous salarial pour la Fonction publique.

Pour se sentir bien dans leur métier, les enseignants demandent à être mieux accompagnés en cas de difficultés professionnelles et en fin de carrière et souhaiteraient à 75% pouvoir expérimenter temporairement d’autres fonctions /métiers en vue d’une mobilité professionnelle.

L’agenda social annoncé par le ministre pourrait lui permettre de répondre concrètement à ces attentes mais les transformations profondes envisagées pour toute la fonction publique n’encourageront pas les enseignants à l’optimisme alors que pour 91% d’entre-eux, leur statut de fonctionnaire est indispensable à la sérénité de leur métier.

Pour le SE-Unsa, les résultats de cette enquête (voir résultats complets ci-dessous) doivent être observés de près par le gouvernement alors qu’il multiplie les remises en cause de ce qui constitue la fonction publique. Les enseignants, comme les autres fonctionnaires, ont à cœur de bien faire leur métier. Ils attendent soutien et reconnaissance de leur employeur.

Paris, le 30 mai 2018
Stéphane Crochet
Secrétaire Général
 
Attachée de presse
Brigitte Biardoux
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