Vos témoignages 2

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Je vais vous surprendre, mais je m’épanouis dans mon métier de directrice et d’enseignante. Déchargée à mi-temps, j’ai trouvé un équilibre total dans mes deux fonctions. Directrice depuis 2003, je me suis adaptée sans trop de difficultés aux différentes évolutions du métier.

Les seules difficultés que je rencontre, c’est la mise en place du PPMS notamment sur la partie intrusion.
Je me retrouve seule face à des injonctions et conseils totalement divergents. Tout le monde donne son avis et au final, il m’appartient de me débrouiller. Quand tout est ficelé, il y a toujours quelqu’un qui trouve à redire... Cela développe, chez moi, une réaction assez anxiogène car tout le monde est là pour vous rappeler que vous êtes responsable de toutes ces vies humaines ...
Je trouverais judicieux de missionner quelqu’un de qualifié pour mettre en place les différents plans (confinement, fuite...) et décharger les directeurs de cette responsabilité.
 
CB, directrice école maternelle, 6 classes 
 
 
 
 
Je remercie le SE-Unsa d’attirer l’attention sur le sort des directions des écoles du premier degré. Pour chaque directeur ou directrice, une assistance administrative est nécessaire et indispensable. Cet emploi est pérenne et dans l’intérêt du bon fonctionnement des écoles, il ne peut s’agir d’un personnel à recruter après la rentrée scolaire et à la mission limitée à cette seule année scolaire.
 
LS, directeur école primaire, 17 classes
 
 
 
 
Être directeur d’école c’est être un équilibriste, sans arrêt sur la corde raide. On doit à la fois être dans notre classe et en même temps disponible pour recevoir les gens de la mairie qui viennent faire de la maintenance dans l’école, cela veut dire qu’on prend le risque de laisser nos élèves seuls, le temps de montrer ce qu’il y a à réparer au personnel municipal. Si nous ne le faisons pas, les travaux sont repoussés ad vitam aeternam.

On nous demande de remplir des documents administratifs dans l’urgence sans tenir compte de nos décharges.

On nous demande de gérer des enfants ayant des troubles graves, sans nous donner les moyens de les accueillir correctement (manque d’AVS).

On nous demande de gérer l’organisation de l’école et de jouer un rôle de DRH (autorisation de sortie, gestion de crise si un enseignant ne va pas bien ou fait une erreur...) sans pour autant qu’on ait un statut particulier.

On nous demande de faire rentrer les parents dans l’école, de travailler sur la parentalité... sans nous laisser du temps pour cela.

Nous n’avons malheureusement pas le don d’ubiquité !

Nos élèves sont pénalisés par rapport à ceux des autres classes à cause de cette double casquette.
On passe sa journée à courir pour faire tout ce qu’il y a à faire. Les récréations ne sont pas des moments où le directeur peut souffler parce qu’il faut passer des coups de fil pour appeler des parents, la mairie, le référent... lire les messages de la hiérarchie, y répondre... Il y a des jours où on a à peine le temps de communiquer avec les collègues ! Pourtant, cela fait partie de notre rôle d’animateur d’équipe.

Être directeur d’école devrait être un métier en soi. Un métier qui pourrait être passionnant et efficace pour l’école si on nous laissait du temps pour le faire correctement.
 
BX, directrice école élémentaire, 7 classes