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Enseignante à temps plein dans une classe à quatre niveaux de 26 élèves (du CE1 au CM2 dont 3 enfants en grandes difficultés scolaires et un allophone), j’ai aussi la charge de la direction pour les deux classes de l’école, école d’une cinquantaine d’élèves située en zone rurale avec une population en difficulté sociale.
 
Je dois dire que les journées sont... courtes et dans le même temps, très longues. Tout dépend comment l’on conçoit les choses. Courtes car je n’ai jamais le temps de tout faire en une seule journée. Longues car je travaille énormément pour assumer cette double fonction dans un environnement compliqué : je n’ai pas de bureau de direction et suis en permanence interrompue lors de ma journée de décharge une fois par mois.
 
Par ailleurs, je dois gérer des conflits avec des parents agressifs. J’ai dû cette année témoigner à la gendarmerie de la violence de parents d’élèves dans un rapport judiciaire.
 
Dans cette petite école rurale, il y a quasiment autant d’élèves en difficultés que dans une grande école du centre-ville d’une grande ville : la gestion des élèves des écoles rurales équivaut à celle des écoles en REP.
 
ET, directrice école élémentaire, 2 classes
 
 
 
 
J’ai l’impression que l’administration oublie parfois que des dispositifs comme l’ULIS demandent un investissement énorme des directeurs concernés :
  • ESS (environ 2 par élève concerné, soit un total minimum de 24/an)
  • contacts divers avec partenaires de soins
  • relations taxis (en particulier pointage des prises en charge quotidiennes à remplir et viser mensuellement)
  • liaisons +++ avec les collègues classes ordinaires et spécialisées
  • .....
Ces dispositifs occupent LARGEMENT 1/4 de temps du directeur.
Situation terrible pour les directeurs déchargés à 1/4 de temps, non négligeable pour ceux moins mal déchargés...
Je devrais systématiquement bénéficier d’1/4 de décharge supplémentaire.
 
OF, directeur école élémentaire, 7 classes
 
 
 
 
Plus de secrétaire (à mi-temps soit 10h/semaine) depuis décembre 2017, j’ai heureusement la chance d’avoir une classe de petite section qui me permet de dégager 1h pour la direction chaque après-midi (sieste) en plus de ma journée de décharge. Je pense que ce travail de direction me prend au moins 15 à 20 h par semaine, sans compter les soucis, les appels, les visites à l’improviste, les réunions, qui n’arrêtent pas dans la journée et la soirée.

J’adore mon métier d’enseignante et ma fonction de directrice mais je suis souvent épuisée et découragée d’autant plus face au manque de reconnaissance de la part de notre hiérarchie, des parents et de la mairie et face au petit gain financier que me donne cette fonction.

Je pense qu’il faut dire haut et fort ce que font les directeurs d’école au quotidien car je ne pense pas que les gens (qui ne sont pas enseignants) imaginent tout ce que nous faisons au quotidien pour que toutes les écoles françaises tournent tous les jours.
 
RB, directrice école maternelle, 4 classes