Agir d’urgence sur le bâti scolaire, la prévention et la protection

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Depuis le printemps 2020, les personnels ont été des acteurs essentiels pour maintenir au maximum les écoles et les établissements ouverts malgré la crise sanitaire. Les conditions d’exercice inédites et complexes de ces derniers mois ne sont pas sans conséquences. La prise en compte de ces conséquences à leur juste mesure doit servir à une rentrée réussie y compris si cette dernière doit encore se faire sous protocole. Le SE-Unsa écrit au ministre (voir ci-dessous) pour lui faire part de ses constats et de ses exigences via des propositions concrètes.
 
Parmi les manques et dysfonctionnements mis en exergue par la crise sanitaire, la question du bâti scolaire a été très prégnante au quotidien. Au-delà de devoir mettre en œuvre des protocoles sanitaires exigeants en des temps records, les personnels se sont très souvent confrontés aux limites du lieu même où ils exercent pour y parvenir.
 
Qu’il s’agisse de l’architecture, des matériaux, de l’organisation de l’espace ou encore de l’équipement, le nombre de freins du bâti scolaire en France à un cadre sanitaire même élémentaire est très élevé et nécessite des réponses urgentes.
 
 
Les constats
 
Trop souvent empêchée, l’aération des locaux de nombreux établissements est très insuffisante voire impossible (absence d’ouvertures, ouvertures condamnées, mécanismes détériorés…). Paradoxalement, les mesures de la qualité de l’air sont quasi inexistantes.
 
Le nombre de points d’eau potable, chaque fois qu’il est trop faible, rend très complexe l’organisation du remplissage de bouteilles ou de l’hydratation directe.
De même, l’insuffisance ou l’insalubrité des équipements sanitaires interdit tout lavage de mains réguliers et tout passage aux toilettes.
 
Les consignes de non-brassage ne peuvent être respectées en raison d’exiguïté ou d’aménagement non optimisé (distinction des locaux de travail et de pause impossible, difficulté d’organisation des sens de circulation, impossibilité de dédensifier les espaces…).
 
Le manque cruel de prévention des risques (non-conformité des documents uniques d’évaluation des risques professionnels (Duerp), absence ou retard de livraison du matériel de protection et du matériel de dépistage…) est un facteur d’exposition de la santé des personnels.
 
 
Les revendications du SE-Unsa pour la rentrée 2021
 
Pour le SE-Unsa, la santé des personnels comme des élèves ne doit plus être mise en danger faute de protocole sanitaire applicable.
Quel que soit le pouvoir en charge de la responsabilité des locaux, le ministère a un devoir de protection des agents qu’il emploie. À ce titre, il doit agir pour pallier les insuffisances du bâti scolaire en matière de sécurité.
 
Doté récemment d’une cellule Bâti scolaire, le ministère doit urgemment s’assurer que toute ventilation naturelle ne soit plus empêchée et que toute ventilation mécanique soit réparée. Il est également impératif de préconiser une ventilation systématique des lieux communs (couloir, cage d’escalier, …).
 
La mesure de la qualité de l’air ne doit pas être une fin en soi et être précédée de prévention.L’installation de capteurs CO2 peut en revanche permettre un état des lieux.
 
Le SE-Unsa exige également que partout sur le territoire, aucune école, aucun établissement ne se trouve privé d’eau potable et d’équipements sanitaires salubres dotés de savon.
 
Une opération de mise à jour des Duerp doit être initiée dès la rentrée pour prévenir les risques, y compris les risques psychosociaux (RPS). Du matériel de protection et de mesure sanitaire doit être prévu en quantité (savon, thermomètres, autotests, masques…).
 
 
Les revendications du SE-Unsa pour la rentrée 2021 en cas de maintien de consignes sanitaires
 
Tous les acteurs de l’Éducation souhaitent une rentrée qui se déroule dans un contexte sanitaire ordinaire. Si toutefois des consignes sanitaires devaient persister, certains écueils observés durant les derniers mois sont à éviter.
 
Pour cela, il faut que les écoles et établissements soient soutenus et accompagnés pour leur permettre un brassage anticipé et maitrisé par :
  • un aménagement des coins repas pour les personnels (notamment en école) ;
  • un aménagement spatial (matérialisation des sens de circulation, organisation des zones de regroupement…) ;
  • un aménagement temporel (amplitude horaire pour dédensifier la population scolaire).
En prévision d’un enseignement en mode hybride/distanciel, le SE-Unsa demande que chaque classe dispose d’une connexion suffisante et d’un matériel audiovisuel. Chaque élève et chaque personnel doit pouvoir bénéficier d’un casier où des supports/outils de travail pourraient être laissés.
 
Ces propositions concrètes du SE-Unsa concernent la rentrée 2021 afin de mieux préparer l’École à tout protocole sanitaire. Le SE-Unsa a d’autres propositions pour les années à venir. Le ministère n’a plus qu’à ouvrir le chantier des conséquences de la crise sur les personnels : le SE-Unsa est prêt à porter ses revendications au ministère dans l’intérêt des personnels, des élèves et du système éducatif.
 
Retrouvez chacune des propositions du SE-Unsa :