Carte scolaire 2022 : le choix du renoncement

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Les principales mesures budgétaires sont connues et la répartition par académie ne peut en corriger les orientations. En effet, cette année encore, la traduction en emplois des choix du gouvernement ignore la réalité des effectifs et les besoins concrets de notre système éducatif.
 
Alors, que les effectifs continuent de croître dans le second degré de plus de 25 000 élèves, le ministère supprime 350 postes, tandis que dans le premier degré la dotation n’évolue pas.
 
Dans le premier degré, la dotation prévue et l’absence de programmation pluriannuelle ne pourront satisfaire ni les besoins d’augmentation de décharges des directeurs et ni les besoins de personnels spécialisés pour la prévention et le traitement de la grande difficulté scolaire ou des troubles du comportement.
 
Quant aux AESH, les 4000 équivalents temps plein (ETP) supplémentaires seront insuffisants pour répondre à des besoins croissants mais systématiquement sous-estimés.
 
Pour les élèves et les personnels, les conditions d’enseignement, d’apprentissage et d’exercice dans le second degré continueront à se dégrader avec la politique de remplacement des postes d’enseignants par des heures supplémentaires et son corollaire : des classes et des emplois du temps surchargés, une offre de formation financée par les marges des établissements au détriment de l’accompagnement des élèves. 
 
Ce budget est la traduction d’un renoncement : celui d’investir massivement dans l’éducation pour répondre aux défis qui se posent à notre pays en premier lieu celui de la réduction des inégalités.
Le premier coût se mesure immédiatement. C’est celui des conditions de travail et d’enseignement dégradées.
L’autre coût est moins visible mais tout aussi inquiétant : la robustesse de notre régime démocratie si l’école publique ne parvient pas à réduire la reproduction des inégalités sociales.
 
Pour le SE-Unsa, l’École publique ne peut plus attendre les moyens indispensables à son fonctionnement : postes de remplaçants pour les arrêts maladie ou la formation, postes de Résed pour l’aide aux élèves en difficulté, postes d’enseignants dans le 2d degré pour alléger les effectifs des classes, recrutement d’AESH et ouverture de classes en Ulis et en établissements spécialisés pour répondre aux besoins notifiés par la MDPH, sans oublier les moyens dédiés à l’offre éducative en milieu rural. Sans cet investissement, notre système éducatif ne résistera pas aux crises ni à leurs conséquences.
 
 
Carte scolaire 1er degré :
Carte scolaire 2d degré :