Comment les élèves ont-ils vécu le confinement de mars-avril 2020 ?

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La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) a publié récemment une note d’information intitulée « Dispositif d’évaluation des conséquences de la crise sanitaire : comment les élèves ont-ils vécu le confinement de mars-avril 2020 ? ». Le SE-Unsa vous propose de revenir sur les principaux enseignements de cette étude.
 
 
Dans le cadre des évaluations nationales de la rentrée 2020, tous les élèves de CP, CE1, sixième et seconde ont été interrogés sur la période de confinement de mars à avril 2020.
 
 
Les élèves d’école primaire ont davantage craint le coronavirus
 
À l’école, 40 % des élèves ont eu peur du coronavirus contre 25 % au collège. Les élèves qui étaient en CP et CM2 pendant le confinement sont plus nombreux que ceux qui étaient en grande section à l’avoir trouvé trop long et à avoir été affectés par le manque de relations avec leurs camarades. Si près de 38 % des élèves de grande section et de CP se sont ennuyés, ils sont 51,4 % parmi les élèves de CM2.
 
 
Les filles ont moins bien vécu le confinement
 
47,1 % des filles en grande section et CP ont eu peur du coronavirus contre 30 ,9 % des garçons. Cet écart diminue mais reste important en CM2 (43,6 % des filles et 31,1 % des garçons). Plus de 66 % des filles de grande section ou CP ont trouvé le confinement trop long, soit près de 10 points de plus que les garçons. En CM2, 75 % des filles ont trouvé le confinement trop long (+ 12,6 points par rapport aux garçons). En grande section et CP, 80 % des filles et 70 % des garçons déclarent que leurs copains et leurs copines leur ont manqué. Ils sont plus nombreux en CM2, mais l’écart de l’ordre de 10 points est toujours présent. Les filles sont également plus anxieuses face à l’avenir scolaire.
 
 
Les élèves du réseau d’éducation prioritaire ont eu plus de difficultés pour travailler à domicile
 
Ceci s’avère vrai quel que soit leur niveau de scolarité. Ils ont également eu davantage peur du coronavirus. Les élèves de grande section et CP des écoles du réseau d’éducation prioritaire ont moins apprécié être restés tout le temps à leur domicile, mais ils ont moins souffert du manque de relations avec leurs pairs. Ils déclarent plus souvent que l’école leur a manqué. Les élèves scolarisés en Rep+ sont moins nombreux à avoir utilisé les supports traditionnels et sont plus nombreux à avoir utilisé le téléphone, et dans une moindre mesure la tablette et la télévision. À noter toutefois que si un peu moins de 10 % des élèves ont utilisé un ordinateur ou une tablette fournis par l’établissement scolaire en CM2, cette proportion est deux fois plus importante en Rep+.
 
 
Les disparités sont également très importantes concernant le temps de travail scolaire
 
Les filles ont travaillé plus longtemps que les garçons. 25 % des élèves ont déclaré avoir été aidés par leurs parents dans leur travail scolaire. Ils sont deux fois moins nombreux en Rep+ à avoir été aidés par leurs parents. Ils sont en revanche plus nombreux à avoir été aidés par leurs professeurs ou par une autre personne.
 
 
L’avis du SE-Unsa
 
Pour le SE-Unsa, ces constats démontrent une fois de plus qu’il est indispensable d’investir davantage de moyens dans l’École. Tous les élèves ont besoin d’être accompagnés en permanence : il est nécessaire de recruter des enseignants. Ce besoin est d’autant plus prégnant à l’heure actuelle pour endiguer le manque de remplaçants dû en partie à la crise sanitaire. Il convient également de s’interroger sur le dédoublement des classes de grande section, CP et CE1 qui ne peut pas être le seul dispositif proposé aux élèves des réseaux d’éducation prioritaire.
Ces différentes mesures sont des conditions sine qua non pour atteindre ce qui nous motive au quotidien : la réussite de chaque élève.
 
Retrouver l’étude de la Depp sur le site du ministère :